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Découvre 6 astuces que les journalistes utilisent habilement pour nous faire croire tout ce dont ils ont envie

Dans l'ère actuelle de la technologie de l'information, nous sommes inévitablement confrontés à de fausses nouvelles. Ce phénomène a maintenant un terme spécial : la post-vérité (situation dans laquelle la réalité des faits et la véracité des propos sont secondaires, la priorité étant donnée aux émotions et aux opinions). Ce terme est même devenu le mot de l'année selon le dictionnaire Oxford. La frontière entre la vérité et la fiction est effacée et n'a plus d'importance pour certains journalistes. Afin d'éviter l'influence de la propagande et la manipulation des opinions sans scrupules, il est important de comprendre les principes de ce système.

Sympa va te parler de 6 façons de manipuler la conscience publique, ce qui t'aidera à naviguer plus librement dans l'espace médiatique aujourd'hui.

1. Évaluation subjective

Compare les deux titres de la même actualité : "Un étudiant au bord du gouffre commet un crime par désespoir" et "Un homme en vient presque à tuer une grand-mère pour une chose insignifiante". Ces exemples induisent une attitude différente envers le criminel, n'est-ce pas ? Dans le premier cas, tu te sens désolé pour lui alors que dans le second cas, tu veux le punir. Le lecteur, sans connaître les faits et les données réelles, ne peut pas raisonner sur l'actualité, il prend donc le point de vue du journaliste.

Cet effet est connu des psychologues. Une expérience a été menée en Union Soviétique. On a montré aux gens des portraits d'hommes différents et on leur a demandé de les décrire. Avant de le faire, le psychologue a dit à chaque personne si le portrait était celui d'un scientifique ou d'un meurtrier. Selon la façon dont chaque personne a été présentée, les participants ont trouvé dans les caractéristiques des visages des signes positifs ou négatifs inhérents aux scientifiques ou aux criminels. Cette expérience a souvent été répétée à différents moments dans d'autres pays, mais le résultat était toujours le même : les gens voient un criminel dans une personne si on lui dit que c'en est un.

2. Enquêtes d'opinion publique

Les statistiques et les enquêtes sont de solides bases d'information, les journalistes aiment donc s'y référer. Ils les aiment tellement qu'ils ont commencé à faire leurs propres enquêtes. As-tu remarqué combien de magazines, de journaux et de sites d'informations recueillent les avis des lecteurs, des experts ou des personnes au hasard, puis en tirent des conclusions ? Eh bien, les sociologues (qui font des enquêtes de manière professionnelle) ne conseillent pas de croire en leurs résultats. Et maintenant nous allons expliquer pourquoi.

  • Les journalistes n'utilisent pas d'échantillon statistique. C'est un principe très important qui dépend des lois mathématiques et qui a une formule de calcul complexe. L'échantillonnage des sociologues prend beaucoup de temps, les journalistes interviewent tout le monde, surtout ceux qu'ils croisent au hasard.
  • Ils posent des questions dans le mauvais sens. Pour que les résultats de l'enquête soient considérés comme objectifs, il est nécessaire de poser des questions aussi impartialement que possible et de formuler les réponses attendues. Les journalistes utilisent souvent un langage émotionnel et ne tiennent pas compte de toute la gamme des opinions, ce qui limite les réponses des répondants ou les pousse à une certaine réponse.

  • Ils ne respectent pas l'anonymat. Les gens ont tendance à cacher leur opinion si elle est différente de la majorité. Et, au contraire, ils aiment le montrer ouvertement et exagérer s'ils sont d'accord avec l'opinion des autres. Ce phénomène a été décrit par la politologue allemande Elisabeth Noelle-Neumann et a été appelé "la spirale du silence" .

3. Supprimer du contexte

Après une interview, les personnes publiques ne sont souvent pas satisfaites du résultat de la conversation, et exposent ensuite avec colère leur mécontentement sur leurs comptes de médias sociaux. C'est parce que les journalistes ne transmettent pas l'essence de la conversation, mais utilisent des répliques isolées et leur donnent une nouvelle signification. Imagine que tu racontes comment tu es tombée amoureuse d'un joueur de football à l'école primaire, mais que le journaliste "oublie" de dire que c'était il y a 15 ans. Sans cette clarification, les gens peuvent penser que tu es amoureuse en ce moment. Habituellement, les rumeurs naissent de cette façon.

Souvent, les journalistes utilisent cette technique pour l'argumentation : ils prennent une phrase autorisée isolée d'une personne et la détournent dans le sens de leur point de vue. Les gens vont y croire à leur tour, parce qu'ils ont tendance à faire confiance à l'opinion d'experts et de personnes célèbres, et il est peu probable que quelqu'un vérifiera le contexte dans lequel l'expression a été prononcée et quel sens elle avait initialement.

4. Stéréotypes

Les "opposants", les "fonctionnaires corrompus", les "dictateurs", les "terroristes" sont des images faites par des journalistes pour manipuler nos esprits.

Le journaliste américain Walter Lippmann a écrit dans son livre Opinion Publique qu'un stéréotype est un outil de protection de notre psychisme qui aide à éviter la surcharge d'information. Le désir d'insérer ce qui se passe dans des schémas simples et familiers pour faciliter la compréhension de nouvelles informations est naturel pour tout le monde. Mais les stéréotypes nous empêchent de raisonner et limitent nos points de vue sur la réalité.

5. Filtrage

Une autre méthode de "demi-vérité" est le filtrage de l'information. Un journaliste rapporte les nouvelles, mais ne les complètent pas. Pour créer le buzz, il omet les détails, et offre des informations qui, évidemment, vont dans son sens. Parfois, les journalistes ignorent complètement les nouvelles "gênantes" pour eux et, au contraire, cultivent des faits insignifiants qui conviennent à la politique du média. Tout cela est fait principalement pour la propagande.

Le théoricien des médias et de la communication, Marshall McLuhan, a déclaré : "1 mort britannique équivaut à 5 morts français, 20 morts égyptiens, 500 morts indiens et 1000 morts chinois." Cela semble assez cynique, mais c'est vrai. Les médias parlent rarement de tragédies dans les pays du tiers monde. Mais si dans un des pays européens, par exemple, un accident survient, un avion s'écrase, alors l'incident fera la Une de tous les journaux de son pays, puis, par répercussion, du monde entier. toute la presse. Et tout le monde le saura et le percevra comme une perte collective.

6. Fausses nouvelles

Malheureusement, ce n'est pas que la presse tabloïd qui les utilise. Parfois, en raison du manque d'informations, les journalistes inventent eux-mêmes les nouvelles ou répercutent de simples rumeurs, pour remplir leurs journaux.

Certains signes susceptibles de susciter des doutes sont les suivants : "nos sources rapportent" ou "les scientifiques recommandent". Si un auteur ou une source fiable (c'est à dire une "preuve") n'est pas spécifié, il est fort probable que les arguments aient été inventés pour donner de la crédibilité.

Bien sûr, cela ne signifie pas que tu dois boycotter les médias et ne faire confiance à personne. Nous voulons plutôt te rappeler à quel point il est important pour un adulte de garder son esprit clair, d'avoir une réflexion critique, de ne pas se livrer à des émotions et de toujours vérifier les faits.

Que penses-tu de ceci ? Donne-nous ton opinion dans les commentaires ci-dessous !

Photo de couverture pikabu