Sympa
Sympa

7 Façons d’enseigner à ton enfant les formes de contact “saines” et “malsaines”

Apprendre à tes enfants à se méfier des inconnus peut ne pas suffire à les mettre en sécurité et à les tenir à l’écart des agresseurs. Même si la plupart des enfants, dès l’âge de quatre ans, comprennent le concept de “contact malsain” et de “contact sain”, entrer dans les détails sans préparation peut faire déraper les choses. Si tu ne fais pas attention, tu risques d’embrouiller ton enfant et de soulever plus de questions qu’il n’aura de réponses. Une fois qu’il aura vraiment compris la différence, ton enfant pourra réagir en conséquence et t’informer à temps, avant que les choses ne tournent mal.

Chez Sympa, nous souhaitons t’aider à communiquer plus facilement avec ton enfant et à rendre cette conversation plus aisée et plus fructueuse, même si ton enfant est encore jeune.

1. Discute avec ton enfant dans un endroit calme, loin des distractions

La première étape est essentielle pour que cette conversation soit réussie, c’est pourquoi il est important que tu te sentes toi aussi prêt(e) à parler du contact sain et du contact malsain, sans avoir à forcer le sujet. Commence par choisir un endroit calme où tu pourras parler à ton enfant sans être dérangé(e). Rends les choses plus confortables en tenant les mains de ton enfant, ou bien asseyez-vous ensemble sur le canapé ou directement sur le sol.

Explique à ton enfant qu’il n’est pas normal :

  • de toucher les parties intimes de quelqu’un d’autre ;
  • que quelqu’un touche ses propres parties intimes devant lui ;
  • que quelqu’un lui demande de toucher ses parties intimes ;
  • que quelqu’un lui demande de se déshabiller ou de prendre des vidéos ou des photos alors qu’il est nu ;
  • que quelqu’un lui montre des vidéos ou des photos de personnes nues.

2. Laisse-le t’expliquer la différence entre contact sain et contact malsain

Après cette première conversation, il est temps de laisser ton enfant t’expliquer ce que signifient pour lui un contact sain et un contact malsain. Tu sauras ainsi ce que ton enfant a appris et compris lors de votre dernière conversation. Demande-lui de te donner un exemple des deux types de contacts. Vous pouvez également faire un jeu de rôle où tu demandes à ton enfant : “Que ferais-tu si... ?” ou “À qui parlerais-tu de... ?”, etc. Ton enfant doit comprendre qu’une poignée de main, une étreinte de la part d’une personne de confiance, des tapes sur le dos et un bras autour de l’épaule sont sans danger.

En revanche, un contact est malsain si :

  • quelqu’un menace de lui faire du mal s’il parle de la situation ;
  • quelqu’un lui demande de ne le dire à personne ;
  • quelqu’un le force à le toucher ;
  • le contact le rend nerveux et effrayé ;
  • quelqu’un le touche et cela le met mal à l’aise ;
  • quelqu’un le touche sur le corps à un endroit où il n’aime pas être touché ;
  • ça lui fait mal.

3. Explique-lui que même un contact sain peut parfois faire mal

Les jeunes enfants peuvent avoir des sentiments mitigés et décrire un contact sain comme un contact malsain. Cela se produit généralement lorsqu’ils ressentent une douleur ou lorsqu’ils sont touchés par un médecin, qui pour eux est un étranger. Prends un exemple comme le retrait d’une écharde : cela peut faire mal, mais l’opération les maintiendra en bonne santé, si bien que cela peut être considéré comme un contact sain.

L’essentiel est d’expliquer à ton enfant que son médecin devra parfois toucher ses parties intimes pour compléter son bilan de santé. Bien sûr, dis à ton enfant que tu seras toujours là pour t’assurer que tout se passe bien.

4. Utilise des bikinis pour illustrer les parties intimes

Beaucoup d’entre vous évitent probablement le sujet des parties du corps et des relations sexuelles avec vos enfants, pensant que ceux-ci sont encore trop jeunes, mais c’est justement la raison pour laquelle les agresseurs ont l’avantage. Il faut être ouvert avec ton enfant, parler d’actes intimes adaptés à son âge et discuter des parties intimes avec respect. Le fait d’être fermé à ce sujet et trop protecteur peut donner à ton enfant un mauvais signal et de mauvaises conceptions. Même si ton enfant a vécu quelque chose d’inapproprié, il ne s’ouvrira pas, car il se dira que parler de ses parties intimes peut lui attirer des ennuis ou que tu te mettras en colère.

Si tu ne te sens pas à l’aise de parler des noms des parties intimes du corps, prends l’exemple du bikini. Explique que le fait de toucher une partie du corps couverte par un bikini est considéré comme un contact malsain. Cela donnera à ton enfant une bonne perspective visuelle sans que tu aies à utiliser les mots précis.

5. Explique-lui que le contact malsain n’est pas un “secret”

La plupart des agresseurs diront à l’enfant maltraité de garder la situation secrète ; dans la plupart des cas, l’enfant obéira à cette injonction parce qu’il pensera que c’est de sa faute ou parce qu’il aura peur de son agresseur. Explique à ton enfant que si quelqu’un leur dit de garder le secret sur des attouchements, il doit te le dire immédiatement ou le dire à quelqu’un qu’il connaît et en qui il peut avoir confiance. Ici, il est important de lui donner des exemples afin qu’il se sente plus autonome et agisse si nécessaire. Pour simplifier, tu peux également pratiquer des jeux de rôle pour cette étape.

6. Dis-lui qu’il a le droit de dire “non”

Environ 70 % des cas de maltraitance se produisent avec un agresseur que l’enfant connaissait et en qui il avait confiance. C’est pourquoi un contact inapproprié, même de la part d’un ami ou d’un parent de confiance, peut être source de confusion pour un enfant. Après tout, tu lui as appris à faire confiance à ces personnes et le changement soudain de comportement peut le rendre non seulement confus, mais aussi effrayé.

C’est pourquoi tu dois expliquer à ton enfant qu’il a le droit de dire, et même de crier “NON !” à tout type de contact malsain. Renforce toujours cette idée, dis-lui que son corps lui appartient et qu’il peut tout faire pour le protéger.

Ton enfant a le droit de :

  • dire non et dire à quelqu’un qu’il ne veut pas et qu’il n’aime pas être touché ;
  • fuir immédiatement la personne abusive qui l’a touché. Ne plus jamais être seul avec cette personne ;
  • appeler à l’aide, et même crier s’il le faut ;
  • continuer à croire en lui, car ce n’est pas de sa faute et il n’a rien fait de mal.

7. Demande à ton enfant de lister quelques personnes à qui il peut parler si quelqu’un le touche

Demande à ton enfant de lister au moins cinq personnes en qui il pense pouvoir avoir confiance en cas d’abus. Quelqu’un vers qui ton enfant peut courir lorsqu’une personne pratique des attouchements malsains. S’il ne parvient pas à trouver quelqu’un, oriente-le. Rappelle également à ton enfant qu’il doit continuer à parler de la situation aux gens jusqu’à ce que quelqu’un agisse et l’aide, et qu’il ne doit jamais abandonner !

As-tu déjà eu cette discussion avec ton enfant ? Quel âge avait-il ? As-tu ta propre façon d’aborder ce sujet avec ton enfant ? Raconte-nous dans les commentaires !

Partager cet article