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Nous allons te raconter une histoire du Nouvel An qui montre comment un miracle peut se produire, même dans la queue d’un magasin.

Décembre est arrivé. Tout est prêt pour le Nouvel An : la plus belle et mémorable soirée de l'année. C'est ainsi que je la percevais pendant mon enfance, et que je l'ai encore ressenti à la naissance de mon fils. Sauf que maintenant c'est moi qui suis dans les coulisses de la magie et que c'est à moi de créer cette atmosphère unique, indescriptible, pleine de rêve et d'harmonie.

Figurez-vous que les miracles sont réalisés par des gens simples, de leurs mains propres et grâce à leur cœur plein d'amour. Nous devrions tous prendre exemple.

Il y a de cela une semaine, j'avais promis à mon fils de lui acheter une pelleteuse, ce qui n'avait rien à voir avec cette période de fêtes : mon fils rêvait simplement d'en avoir une et je voulais que son souhait devienne réalité. J'ai eu une semaine difficile et tous les jours, avec le même sentiment de culpabilité, je repoussais ma visite au magasin. "J'irai demain", pensais-je, chaque soir. Je pouvais à peine regarder mon fils dans les yeux, plein d'espoir, mais aussi de déception parce que rien n'arrivait. Ça aurait été différent s'il me l'avait demandé et me suppliait, mais non, c'est moi qui lui avais promis, personne ne m'y avait obligée.

Vendredi, quand je suis allée le chercher à l'école, j'ai décidé d'agir, de tenir ma promesse, de faire ce que j'avais dit à mon fils. Il était radieux. Il attendait. Il sautait de joie et planait dans les nuages. Pendant toute la semaine, il s'était imaginé plus d'une fois avec sa pelleteuse, il l'avait dessinée et avait inventé des histoires fantastiques avec. Maintenant, le rêve était si proche, là, juste dans le centre commercial.

Nous avons rapidement fait les courses dont nous avions besoin (j'avais prudemment gardé 20 euros dans mon portefeuille pour l'achat le plus important) puis nous avons franchi le seuil du magasin pour enfants. Le Saint Graal était presque entre nos mains. Mon fils rejoignit l'étagère désirée en un clin d'œil. Une magnifique pelleteuse scintillante était là, devant nous, et pour 19,99 euros, elle disait clairement : "Emportez-moi !" Ce que nous avons fait et, sans hésiter une seconde, nous nous sommes dirigés vers la caisse.

Mais l'univers avait dû décider que nous n'avions pas eu assez d'obstacles sur notre route vers le rêve, et nous envoya une queue aussi longue que la Grande Muraille de Chine, car il n'y avait qu'une seule caisse ouverte. Les gens se battaient, réclamaient l'ouverture d'une autre caisse, ils transpiraient, abandonnaient, laissaient leurs caddies, menaçaient de se plaindre aux managers, mais la caissière ne pouvait que hocher la tête: "Je suis seule pour tout faire". Dans une autre situation, nous serions certainement partis. Mais aujourd'hui, je n'y pensais même pas : mon fils serrait la boîte de la pelleteuse tellement fort qu'aucune force au monde ne pouvait la lui enlever.

Devant nous il y avait une femme avec son bébé dans une poussette et son fils aîné, de l'âge du mien. Elle avait de très beaux yeux, mais infiniment tristes. Elle n'arrêtait pas de compter les quelques billets et pièces qu'elle avait dans la main et vérifiait si ça suffisait pour payer les petits pots de bébé et les yaourts qu'elle avait dans son panier: "ça devrait aller pour trois jours : samedi, dimanche et lundi et ensuite la subvention tombera enfin."

La femme et ses enfants étaient mal habillés et surtout sans aucune adéquation avec le climat : elle portait une veste usagée, son fils aîné, un cardigan avec un sweat-shirt délavé et un pull, et le bébé était enveloppé dans des couvertures. Ils étaient tous maigres, avec de grands yeux globuleux, mais très mignons et ils avaient l'air très proche. Quand le bébé se réveilla, il se mit à pleurer et son frère s'empressa de le rassurer: "Calme-toi, tu vas bientôt manger à la maison."

Nous nous approchions lentement de la caisse et, au comptoir de chocolats, l'enfant demanda :

"Maman, crois-tu que le Père Noël puisse m'apporter un œuf Kinder pour le Nouvel An ?"

"Je ne sais pas, mon grand ...", répondit-elle, avec des yeux de plus en plus tristes.

"J'aimerais beaucoup, beaucoup, recevoir un Kinder pour le Nouvel An ... Après tout, les rêves deviennent réalité pour le Nouvel An ... n'est-ce pas maman ?" dit le petit.

À ce moment-là, j'ai réfléchi à toutes ces fois où j'avais acheté des œufs Kinder pour mon fils, sans raison, avec la monnaie qui restait du supermarché. Et je repensai à toutes ces fois où je retrouvais ses jouets dans les endroits les plus inattendus : derrière un canapé ou sous la table de la cuisine. Il ne se souvenait même pas de leur existence.

J'ai commencé à fouiller dans mon sac : je pourrais acheter ce Kinder, le donner discrètement à la jeune femme, lui chuchotant de l'offrir à son fils aîné pour les fêtes ou lorsqu'elle jugera le moment opportun. Mais la pensée suivante refroidit mon ardeur tel un seau d'eau glacée : dans mon portefeuille, je n'avais que 20 euros...pour la pelleteuse. Je n'avais pas pris ma carte bancaire. Je serrai les dents, essayant de chasser ces pensées complexes. Il ne fallait surtout pas regarder cette famille.

Nous nous rapprochions de la caisse et mon fils, pour la première fois, relâcha un peu le bulldozer de ses mains : apparemment, il était fatigué de le serrer si fort. Maintenant, je pouvais le voir de l'extérieur, à mi-distance. Le garçon de la jeune femme se retourna et pu voir la pelleteuse. Voir est peu dire car il ne pouvait pas détourner le regard de ce jouet si attirant.

"Que c'est beau !", osa seulement dire le garçon.

"Oui !" Répondit mon fils avec joie. "Dans la même collection, j'ai déjà un camion benne, une niveleuse et une bétonnière. Et toi ?"

"Waouh ... Je n'ai rien de tel. En fait, j'ai deux voitures, mais il y en a une qui n'a pas de roue, mon frère jouera avec quand il sera plus grand" dit l'autre.

"Waouh," répondit mon fils surpris. "Et pourquoi ton papa ne répare-t-il pas les roues de la voiture ?"

"Nous n'avons pas de papa", répondit le garçon et il prit des mains de sa mère le sac contenant les petits pots de bébé et les yaourts qu'elle venait d'acheter. "Et bien, au revoir !"

La famille se précipita vers la sortie : le bébé sanglotait déjà. Nous avons payé à la caisse et je sentais que j'avais enfin accompli mon devoir.

"Maman, attends, je reviens," cria mon fils et il partit en courant.

Il réussit à rattraper la famille et donna son bulldozer au petit garçon, en lui disant : "Tiens, c'est pour toi !" Puis il revint vers moi avec un sourire radieux.

J'étais surprise, je n'en croyais pas mes yeux, ravie, heureuse. Nous nous sommes pris dans les bras et avons ri ensemble, je l'ai embrassé derrière l'oreille et lui, en riant, m'a dit : "Maman, arrête, tu me chatouilles !" J'ai ensuite discuté avec la jeune femme et nous leur avons donné les vêtements et chaussures d'hiver que nous n'utilisions pas, mais ça, c'est une autre histoire...

Et oui, les miracles sont bien faits par les gens eux-mêmes, de leurs propres mains et avec leur cœur attendri. Nous devrions tous prendre exemple.