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J’ai déménagé en Suisse et j’ai compris pourquoi il y a autant de millionnaires dans ce pays

Bonjour, je m’appelle Olga, et je vis à Genève depuis plus de cinq ans. J’ai quitté mon pays natal et ma carrière à la banque pour travailler comme pâtissière et écrire des articles sur les voyages. Mais commençons par le commencement.

En exclusivité pour les lecteurs de Sympa, je vais partager les particularités de la vie en Suisse, et je vais vous raconter à quoi ressemble le quotidien dans une ville où un habitant sur six est millionnaire. À la fin de l’article, vous verrez un bonus qui vous permettra de découvrir Genève sans avoir recours aux services d’un guide.

Comment tout a commencé

Mon mari s’est vu offrir un emploi à Genève, et nous avons décidé de déménager. Nous étions déjà allés en Suisse, mais visiter un pays et y vivre sont deux choses complètement différentes. Avant de partir, j’ai commencé à étudier en détail différentes informations concernant les particularités de la vie à Genève. Mais je dois admettre que je n’ai pas réussi à en savoir assez, même par le biais d’Internet. J’ai donc eu l’idée de créer mon blog afin de décrire par étapes notre déménagement, et pour partager mes impressions sur nos découvertes, choses qui pourraient être utiles un jour à quelqu’un.

Coût de la vie à Genève

4,30 € pour un concombre bio

Avant notre déménagement, tout le monde nous a prévenu que la vie à Genève était très chère. Et c’est vrai. Je me souviens d’avoir été surprise par les prix : 5.5 CHF (franc suisse — CHF ; 1 CHF = 0.90 €) pour un verre d’eau dans une cafétéria, et 115 CHF (103 €) le kilo de bœuf, et je parle d’un simple filet, pas de la pièce la plus chère !

Au fil du temps, nous avons appris que la plupart des résidents locaux achètent leur nourriture sur le marché, ou vont à la frontière française, qui se trouve à 20 minutes à peine du centre-ville de Genève. Les prix y sont vraiment différents, et certains produits peuvent coûter presque deux fois moins cher. La même viande coûte environ 26 €.

Par exemple, ces madeleines coûtent 5,20 € à Genève, et 2,60 € en France.

Bien sûr, il y a certaines limites à l’achat de nourriture en France, et ce que tu peux ensuite faire passer à la frontière. Tout d’abord, le montant des achats par personne ne doit pas dépasser 300 €, sinon une taxe devra être payée à la douane. Ensuite, en Suisse, il existe des limites pour certains types d’aliments. Par exemple, vous ne pouvez pas transporter plus d’un kilo de viande par personne. Si tu vas faire tes courses avec ton conjoint, cette limite sera donc de deux kilos.

Louer un appartement est un véritable défi

Le loyer pour cet appartement de deux pièces avec une vieille cuisine sans cuisinière est de 3 150 CHF par mois (2 800 €)

Quand on emménage en Suisse, il est rès difficile de louer un appartement. Le fait est que même la population locale préfère ne pas acheter de biens immobiliers, mais les louer. Selon certaines informations, seuls 40% des résidents suisses sont propriétaires de leur logement, alors que tous les autres le louent.

Parfois, pour visiter un appartement à Genève, il y a 50 personnes en même temps ! Profitant de cette situation, les propriétaires organisent de véritables castings pour leurs futurs locataires. Ils leur demandent plein d’informations et de papiers, comme s’ils allaient leur accorder un prêt bancaire, puis ils choisissent ceux qui sont prêts à signer un contrat pour le plus grand nombre d’années.

Le loyer moyen d’un appartement de deux ou trois pièces est de 2 500 à 3 500 € par mois. Tout hébergement qui coûte moins cher se trouve soit en périphérie de la ville, soit sera tout petit, ou avec des défauts (comme un chantier de construction ou une voie ferrée juste à côté, ou situé dans un sous-sol avec des fenêtres qui donnent directement sur la route). Parfois, bien sûr, vous pouvez trouver un très bon appartement à un prix inférieur, mais peu de personnes ont cette chance.

La médecine est loin d’être parfaite

La médecine suisse occupe une place prépondérante dans le monde entier, mais qui aurait cru qu’on pouvait avoir autant de difficultés pour trouver un pédiatre ?

Quand j’ai emménagé, j’ai essayé de prendre rendez-vous avec un médecin pour ma fille. D’abord, il y a eu la barrière de la langue : partout où j’appelais, on me répondait en français (je suis Russe, et ma connaissance du Français se limitait alors à quelques phrases) et souvent, je tombais même sur des répondeurs automatiques. Quand j’ai réussi à établir un contact, on m’a répondu que les pédiatres ne pouvaient pas recevoir de nouveaux patients. Finalement, c’est une des mères de notre garderie, qui vit ici depuis longtemps, qui m’a aidée à obtenir un rendez-vous chez un pédiatre.

La clinique Grangette, celle qui nous a été recommandée par une connaissance. Le bâtiment est moderne, il compte un aquarium rempli de poissons, un espace pour les enfants, et des livres à disposition. Elle se trouve à seulement 5-10 minutes du centre-ville de Genève.

Toute personne résidant en Suisse depuis plus de trois mois doit avoir une assurance maladie. L’assurance, même de base, est assez chère : environ 300 CHF (268 €) par mois pour un adulte, et 90 à 135 € pour un enfant. Les services d’un dentiste ne sont pas inclus dans ce prix.

Cependant, si une personne se rend à l’hôpital sans assurance, elle sera quand même soignée. Si le patient est sans-abri ou sans emploi et n’a pas les moyens de payer, il sera pris en charge gratuitement.

Voici à quoi ressemble le cabinet d’un médecin dans une clinique de Genève.

En Suisse, les médecins ne se déplacent généralement pas à domicile, même pour les enfants. Pour les urgences, il y a le service SOS Médecins, mais c’est un médecin généraliste qui viendra, et pas un pédiatre.

Si un adulte est malade, il devra se rendre à la clinique ou appeler une ambulance. Un tel transport peut coûter environ 900 €, mais personne ne peut donner de prix exact. Cependant, si c’est pour un cas vraiment catastrophique, où il y a un risque vital, ils peuvent même envoyer un hélicoptère.

Les amendes

Les Suisses ont l’habitude de respecter les règles, et le gouvernement punit souvent sévèrement ceux qui enfreignent la loi. Par exemple, vous ne pouvez pas faire de bruit après 22 h, ni même sortir les ordures ou passer la tondeuse le week-end, afin de ne pas déranger les voisins, sinon, ces derniers n’hésiteront pas à appeler la police. Les amendes pour conduite, stationnement incorrect, excès de vitesse, etc... sont très élevées. Un jour, nous avons dû payer 180 CHF (160 €), pour avoir garé notre voiture dans notre parking après l’heure de fermeture, soit 19h00. Nous avons dû payer une amende pour le faire ouvrir. Et récemment, un policier a été condamné à une amende de 600 CHF (540 €) pour avoir dépassé la limite de vitesse maximale alors qu’il poursuivait des criminels !

Chaque année, lors de la planification du budget, on calcule combien d’amendes chaque résident local a dû payer. Par exemple, à Zurich, selon le plan de cette année, la moyenne était de 152 CHF (136 €) par personne.

Comment je suis devenue pâtissière

J’ai toujours aimé les pâtisseries. Faire des gâteaux, mélanger les saveurs, décorer, c’est vraiment quelque chose que j’adore. Il y a trois ans, j’ai commencé à faire des gâteaux sur commande. Au début, ce n’était qu’un passe-temps, mais Genève est une très petite ville, donc le bouche à oreille se répand très vite. J’ai commencé à recevoir des commandes non seulement des abonnés de mon blog, mais aussi de la part du voisinage, ainsi que des parents d’élèves de l’école où vont mes enfants.

Actuellement, je ne peux plus gérer toutes les commandes toute seule, alors j’ai décidé d’ouvrir un café. Mais j’ai eu quelques difficultés. Il faut d’abord obtenir beaucoup d’autorisations, puis attendre encore un mois pour s’assurer que les voisins sont tous d’accord. Un autre problème est de trouver un local avec un bon emplacement et un loyer abordable. Par exemple, il y a eu un cas où je suis allée voir un local situé dans un bâtiment de quatre étages, dans le centre-ville, près du lac Léman. Là-bas, j’aurais pu installer un joli petit café au rez-de-chaussée, mais on m’a dit que le loyer était de 23 000 CHF (20 600 €). Au début, j’ai cru que c’était le loyer pour les quatre étages, mais il s’est avéré que c’était le prix pour seulement 68 mètres carrés.

Je ne peux pas dire que ma vie est très facile, mais je progresse peu à peu vers mon but. J’espère donc pouvoir très bientôt inviter tout le monde dans ma propre pâtisserie !

Le plat préféré des vrais Genevois

Nous avons un plat à fondue chez nous.

Si vous venez à Genève et que vous ne goûtez pas à la fondue, vous n’aurez absolument rien appris sur la Suisse ! Ici c’est presque comme la cérémonie du thé en Angleterre. Presque toutes les familles possèdent un plat à fondue à la maison, et les supermarchés vendent carrément des ensembles complets à fondue (bien qu’ils soient surtout destinés aux touristes).

Les principales variétés de fondue sont celles au fromage, à la viande, et au chocolat. Bien que dans les restaurants, vous pouvez trouver une grande variété de saveurs : fromage au champagne, champignons, truffes, bacon, etc..., personnellement, je préfère celle au fromage, même si pour de nombreuses personnes, l’odeur du fromage fondu soit assez spéciale.

Particularités de la mentalité suisse

J’adore vivre à Genève, mais ce qui me manque le plus ici, ce sont les rapports ouverts et chaleureux entre les gens. Les Suisses ne laissent pas entrer si facilement de nouvelles personnes dans leur vie. Ils vous observent et vous analysent longtemps avant de commencer à vous faire confiance. Bien sûr, il y a des exceptions.

J’ai aussi réalisé que les Genevois ne peuvent pas imaginer leur vie sans planification. Soirées entre amis, vacances, week-ends : tout est toujours programmé à l’avance, et se ressemble beaucoup d’une année à l’autre. Avant, il me semblait étrange qu’une personne puisse avoir une telle confiance en son avenir et en ses capacités financières. Mais je me suis habituée à vivre ainsi, et je pense que nous avons beaucoup à apprendre des Suisses.

Avoir un million sur son compte ne veut rien dire.

Après avoir vécu cinq ans à Genève, j’ai compris pourquoi il y avait tant de millionnaires ici, et aussi ce que cela signifie. Chaque Suisse dispose en moyenne d’un demi-million de francs suisses sur son compte : ce sont les données du Global Wealth Report du Credit Suisse Bank. C’est pourquoi on pense que les gens les plus riches de la planète vivent ici.

Mais de nombreux facteurs doivent être pris en compte. D’abord, ce n’est qu’une moyenne. Selon les mêmes données, seuls 10,6 % des Suisses possèdent plus d’un million de francs suisses, et certains n’en ont même pas 10 000, c’est-à-dire que tous les Suisses ne sont pas forcément riches.

Deuxièmement, ce montant inclut aussi très probablement l’épargne-retraite. Elle peut être utilisée par exemple pour acheter un bien immobilier ou pour percevoir sa propre retraite. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un million en espèces, mais d’économies inaccessibles jusqu’à un certain moment donné.

Troisièmement, très peu de Suisses dépensent leur argent pour acheter des voitures de luxe et des vêtements de marque. La modestie, l’économie, la pudeur et le respect du travail sont les fondements du protestantisme, religion prédominante en Suisse depuis le Moyen Âge. Ainsi, la tradition d’épargne des résidents se transmet de génération en génération.

Quatrièmement, on ne peut même pas acheter une maison pour un million de francs suisse, sauf dans un petit village éloigné des grandes villes. Les prix sont tellement élevés ici que même les millionnaires doivent finalement mener une vie relativement modeste.

Lieux incontournables à visiter en Suisse

À Genève, il n’y a pas beaucoup d’attractions : la fontaine au milieu du lac, la cathédrale Saint-Pierre, la vue magnifique depuis ses tours, et l’horloge florale. Mais d’un autre côté, il y a beaucoup de petits détails et d’endroits que seuls les locaux connaissent. Par exemple, il y a un châtaignier qui permet à la mairie de déterminer officiellement l’arrivée du printemps, ainsi que des inscriptions en plusieurs langues sur les trottoirs, et des histoires spéciales sur la création des grandes marques de montres et des fameuses boutiques de chocolat.

“À demain !

Santé !”

Quant aux souvenirs, le mieux est de repartir avec du gruyère et du chocolat (mais ne les achetez pas au supermarché, achetez-les dans des boutiques spécialisées). Goûtez aussi la boisson suisse nommée Rivella. Son aspect et son goût rappellent les sodas sucrés, mais elle est faite à base de lactosérum. Les amateurs de vin rouge peuvent goûter L’Esprit de Genève, qui est produit par les meilleurs vignerons de la région.

Bonus : 10 choses à faire à Genève

  1. Nourrir les cygnes au bord du lac Léman.
  2. Se mouiller sous le jet d’eau de la fontaine du lac.
  3. Aller au restaurant Le Chat Botté, étoilé au guide Michelin (repas à partir de 20 €).
  4. Se promener dans la vieille ville.
  5. Essayer de faire du chocolat dans la maison de la célèbre marque Stettler à Genève, et préparer sa propre tablette selon ses préférences, avec des noix, des fruits confits, du praline ou de la chapelure dorée.
  6. Faire une promenade en bateau sur le lac Léman.
  7. Admirer la chaise géante près du bâtiment de l’ONU.
  8. Visiter le musée de l’horloge Patek Philippe.
  9. Faire le tour de ville gratuit qui commence tous les jours à 11h00 près de l’horloge florale.
  10. Dîner à l’Hôtel de Ville, l’un des plus anciens restaurants de Genève. Déguster une fondue avec des pommes de terre non pelées, la fameuse saucisse de porc Longeole au fenouil et au vin blanc Chasselas, provenant des vignobles locaux.

Connais-tu déjà la Suisse ? Confirmes-tu les informations données par Olga ? Aimerais-tu découvrir ce pays, ou ne serait-ce que Genève et ses environs ? Laisse un message dans les commentaires, et partage cet article avec les personnes de ton entourage !

Photo de couverture knowabroad / instagram