L’histoire d’une femme qui, pour le bien de ses enfants, est devenue la risée du public

Éducation
Il y a 5 ans

Une mère affectueuse est prête à sacrifier sa vie pour ses enfants. Et Mary Ann Webster (de son nom de femme mariée, Mary Ann Bevan) est l’une d’entre elles : elle n’avait pas peur de se ridiculiser et de se montrer en public, avec sa drôle d’apparence. La pauvre femme n’avait qu’un seul but : nourrir ses enfants, quoi qu’il en coûte. Marie a dû subir les insultes, l’humiliation et l’excentricité des spectateurs qui voulaient voir “la femme la plus laide du monde”.

Sympa a été impressionné par le sort de cette femme altruiste et courageuse qui est devenue l’héroïne de son époque.

Complexités de la vie et rêves de bonheur féminin

Au début, la vie de Marie n’avait rien de spécial. Elle est née à Londres dans une famille nombreuse et pauvre. Elle a dû commencer à gagner son pain très tôt et a même travaillé comme infirmière dans un hôpital. À l’époque, c’était une jeune fille assez attirante qui rêvait d’avoir une grande famille. Et ses rêves sont devenus réalité : à l’âge de 29 ans, elle a épousé Thomas Bevan, puis a donné naissance à quatre enfants.

Mais bientôt, Mary a commencé à avoir des problèmes de santé : migraines, douleurs musculaires et douleurs articulaires. Les médecins ne comprenaient pas ce qui se passait avec son corps. Cependant, sa famille demandait de l’attention et des soins, de sorte qu’elle n’avait pas le temps de s’occuper de sa propre santé.

Une maladie soudaine

Les symptômes de sa maladie sont devenus de plus en plus évidents : son crâne s’est allongé, les traits de son visage sont devenus proéminents et ses mains douces et ses formes féminines ont commencé à disparaître. Elle est passée de jolie jeune femme, à une Mme Bevan plutôt laide qui ne lui ressemblait plus.

Mary souffrait d’acromégalie, une maladie neuroendocrinienne associée à une production excessive d’hormone de croissance. Cela entraîne un surdéveloppement de la taille corporelle, une augmentation des os, des organes internes et des tissus mous, accompagnés de maux de tête et de douleurs musculaires. L’acromégalie est généralement due à une tumeur bénigne de l’hypophyse. Dans la plupart des cas, la maladie est héréditaire.

Aujourd’hui, les médecins savent gérer cette maladie en utilisant diverses méthodes de traitement. Mais au début du XXe siècle, Mary Ann n’avait aucune chance d’être guérie. Chaque jour, la femme regardait sa beauté disparaître.

Un surnom désagréable et son premier revenu

Mr. Bevan a toujours soutenu sa femme et l’a accompagnée dans cette épreuve, et il n’a jamais pensé à la quitter. Mais le destin avait ses propres plans pour les époux. Après 11 ans de mariage, Mme Bevan est devenue veuve avec 4 enfants et pratiquement aucun moyen de subsistance.

Après la mort de son mari, elle aurait accepté n’importe quel emploi pour nourrir ses enfants. Cependant, elle n’a pas pu trouver de travail stable à cause de son apparence. Les gens de la rue réagissaient de façon bizarre à son égard : certains l’insultaient, d’autres se moquaient d’elle ou la regardaient avec mépris. Chaque apparition en public était un défi pour elle.

La situation financière de la famille s’était lourdement aggravée lorsque Marie avait découvert qu’allait se dérouler en Angleterre un concours pour le titre de “la femme la plus laide”. Elle a donc décidé de faire un acte désespéré : participer au concours pour se battre pour le grand prix, doté d’une somme d’argent assez importante. À la fin, elle a réussi à remporter le concours, mais la presse était remplie d’articles désobligeants qui n’étaient pas faciles à lire.

Mary avait réussi à faire l’impossible à cette époque : transformer sa douleur en un revenu stable, même si émotionnellement, sa situation était très difficile. Notons que ce drôle de concours se déroule encore aujourd’hui en Angleterre, mais il porte plutôt sur les grimaces.

Cirque et spectacle

En 1920, elle a été invitée à travailler aux États-Unis dans un cirque et un parc d’attractions, sur Coney Island, nommé "Dreamland. Elle participait à de nombreux spectacles où elle exposait son étrange apparence. En plus, elle devait utiliser des costumes brillants pour souligner encore davantage son manque de beauté et sa masculinité.

Ce spectacle avait engagé d’autres personnes, comme elle, dotées d’une apparence hors-norme, voire, effrayante : une femme barbue, des nains, des géants, des jumeaux siamois... Ils étaient tous exhibés pour divertir le public.

En effet, à cette époque, le public aimait ce genre d’amusement cruel, et Mme Bevan était l’une des artistes les plus populaires de la troupe. Il est difficile d’imaginer à quel point cela a dû être difficile pour elle, de voir sa dignité piétinée, et oublier qu’un jour, elle avait été une belle femme, pour se transformer en un être faisant uniquement l’objet de moqueries et d’humiliations. Mais elle a enduré toute cette souffrance pour le bien-être de ses enfants.

Voici une photo de famille sur laquelle on peut voir Marie avec ses 4 enfants : le fils aîné a un uniforme de marin, le plus jeune un costume et ses filles ont des robes modestes. À cette époque, les séances photo coûtaient très cher, et certaines familles n’en prenaient que quelques-unes pendant toute leur vie. Ce fait indique peut-être que Marie était avant tout une mère aimante et affectueuse. Cependant, elle avait été contrainte à devenir une actrice de cirque “monstrueuse”.

Jusqu’à la fin de ses jours, Mary Bevan a travaillé dans un cirque américain. De son vivant, elle n’a eu l’occasion de revenir en Europe qu’une seule fois : en 1925, elle s’est rendue à Paris, où elle a été invitée à se produire à l’Exposition Universelle.

Malheureusement, les patients atteints d’acromégalie atteignent rarement un âge avancé. Mary est décédé en 1933, à l’âge de 59 ans. Elle avait demandé à ses enfants de l’enterrer dans son pays natal en Angleterre. Le sort compliqué de cette femme qui n’a jamais abandonné prouve, une fois de plus, qu’une mère ferait n’importe quoi pour ses enfants, y compris supporter le titre de “Femme la plus laide du monde”.

Bien sûr, on peut dire qu’elle n’avait pas d’autre choix, et que s’exhiber ainsi était sa seule chance. Mais elle n’a pas hésité à prendre des risques et à faire de sa maladie une source de revenus pour faire vivre sa famille. Qui sait quel aurait été le destin de Marie sans cette maladie et sans son courage ?

As-tu été impressionné par le sort de Mme Bevan ? Raconte-nous dans les commentaires ci-dessous.

Photo de couverture AhmedI_Elsayed / Twitter

Commentaires

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Le paragraphe qui parlait de son travail m'a fait penser au film Freaks (1932) où des personnes atypiques étaient exhibées dans un cirque

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Mary Ann Bevan est l'exemple de ce qu'une femme est prête à faire et à endurer pour subvenir aux besoins de sa famille

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Je me demande comment des personnes pouvaient cautionner ça et se rendre à ce type de spectacles pour se moquer... La définition de la bêtise humaine.

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