Sympa

Un écrivain révèle les facettes de la paternité dans d’amusantes histoires à propos de son fils

Tous les parents n’ont pas le temps de lire des livres de plusieurs centaines de pages sur l’éducation de leurs enfants. Oleg Batluk, un écrivain et blogueur, vient à leur rescousse. Ses histoires sont un cocktail stupéfiant d’humour et de conseils testés et vérifiés d’un papa expérimenté.

Sympa promeut fermement l’éducation des parents et l’humour, et c’est pourquoi nous t’offrons aujourd’hui une sélection de révélations utiles et sincères venues de cet écrivain.

Ton corps est un terrain d’exploration pour ton enfant

Je fais souvent un cauchemar. Je suis enchaîné sur la place centrale, et le roi ordonne que l’on m’arrache le nez. Le bourreau s’approche avec des pinces brûlantes. Je crie alors : “Non c’est un rêve, je dois me réveiller !”. Mais pour une raison inconnue, je ne me réveille pas. Les sensations semblent être extrêmement réelles.

Je frissonne et j’ouvre à nouveau les yeux. Les doigts de mon fils sont dans mon nez. Il a utilisé mes fosses nasales pour grimper jusqu’à mon visage.

Tu ne peux pas t’émouvoir

J’ouvre la porte avec la clef, et j’entre dans ma maison. Mon fils court depuis la cuisine vers le couloir où je me trouve, en criant : “Papa, Papa !”. Et personne ne lui a montré cela, personne ne l’y a obligé, personne ne l’y a poussé. Il a décidé de le faire lui-même, juste porté par l’envie.

Cela m’a tellement ému ! Comme un adolescent serait bouleversé par un chanteur célèbre. J’ai immédiatement tendu à mon fils tout ce que je ne devais pas lui donner : mon téléphone portable, mes clefs de voiture, mes lunettes.

Si mon fils avait dit à ce moment-là : “Papa, je vais me marier avec une idiote tatouée remplie de dettes et avec les cheveux verts”, j’aurais répondu : “Bon, OK mon chéri, vous allez vivre ici et ta mère et moi nous nous installerons dans la cour”.

La souplesse est la base de la proximité

La trajectoire d’un bébé est imprévisible. Chaque parent le sait. Si les adultes n’apprennent pas à sortir de leur ligne droite, ils prennent le risque de ne jamais rencontrer leurs propres enfants.

Ton lit n’est plus ta propriété

Une image de rêve : mon épouse dort à gauche, moi, à droite, et au milieu, notre bébé respire doucement. Tu sombres dans un sommeil béat et tu as l’impression que tu entends des douzaines de fées roses voleter autour de ta si jolie famille.

Mais la première émotion en me levant le matin suivant est une sensation d’anxiété complète. Quelque chose d’irréparable s’est produit dans la nuit. Je suis écrasé contre le mur de la chambre par une force monstrueuse.

Je ne vois pas ma femme. Où est ma femme ? Ah, la voilà, recroquevillée à mes pieds. Que s’est-il passé durant ces quelques heures ? Ma femme et moi semblons souffrir des conséquences d’une explosion nucléaire. OK, voici l’épicentre de l’explosion : il continue de dormir et de respirer, tranquille, sauf que maintenant, il est au milieu du lit, en pose étoile de mer.

Élever un enfant est tout un art

L’enfant n’est pas un tambour avec lequel tu peux jouer, et tu ne peux pas non plus l’oublier. Un enfant est un instrument complexe avec de multiples cordes ; un enfant est un violon. Tu dois apprendre à en jouer. Mais ne serre pas trop fort ses cordes, sinon, il ne jouera pas de musique ; et ne cesse pas non plus de le tenir fermement dans tes mains.

Ne pas prendre la paternité trop au sérieux

Certains parents prennent trop au sérieux leur rôle. On dirait qu’ils portent une couronne. Elle est bien lourde d’ailleurs. Comme s’ils élevaient Kim Jong-Un, ou un autre leader mondial. De fait, ces gens font tout comme si le bien-être du monde dépendait de leurs actions. On aurait presque envie de leur dire : “Détendez-vous, ce n’est pas un sport d’endurance. Vos enfants n’ont pas besoin d’être tout ce que vous vouliez être mais que vous n’avez pas pu devenir”.

Il faut se réjouir de la joie de ton enfant, et ne pas le laisser s’attrister de ses peines.

Ne pas faire de ton fils une réplique exacte de toi

Penser que ton enfant doit être ta copie est une absurdité totale. Ton enfant n’est pas un mini-toi. C’est un mini-lui ! Et donc, quand il grandira, il ne sera pas toi non plus. Il sera lui, mais adulte.

Chaque cri contient des informations

Mon fils est à côté de sa chaise haute et crie très fort. Et, le plus important, sans aucune raison. Bon, on ne peut pas supporter cela plus longtemps, il est temps de commencer à intervenir.

Je précise que ses cris sont sans raison. Il crie. Je le prends dans mes bras, et je lui dis que son père est vieux et qu’à son âge, il pourrait mourir à cause de ces cris. Il persévère. Finalement, je me rends et je commence à lui faire un câlin. Il continue de pleurer ! J’explose et je termine le processus éducatif avec les phrases suivantes : “Bon, reste près de ta chaise et crie, si ça te plaît tellement !”. Il continue de crier, encore plus fort qu’avant !

À ce moment-là, ma femme sort en courant de la cuisine en disant : “Tu ne vois pas ?”. Et elle me montre que le pantalon du bébé est coincé dans la chaise. Elle le dégage.

Ton enfant se fiche complètement de ta réputation

Mon bébé a commencé à faire la chose suivante : lorsque je parle à quelqu’un sur le canapé, il monte, s’approche de moi et s’agrippe à mon dos, et de toutes ses forces, il commence à me taper la tête. Il le fait généralement avec une expression faciale très sérieuse.

Pour mes interlocuteurs, c’est une surprise totale. Ils commencent à rire. Et parfois, les conversations sont très sérieuses : nous parlons de politique ou d’économie. Mais en agissant ainsi, mon bébé discrédite tous mes arguments dans les discussions. Bien entendu, je peux me consoler avec le fait qu’en agissant ainsi, mon fils se comporte comme un moine zen et prouve ainsi la vanité totale de mon discours. Mais bon, à chaque fois, cela me rend triste.

Étendre les limites de l’amusement...

Mon fils est un véritable farceur. Il prend un peigne, me le donne et rit. Et il le fait plusieurs fois par jour. Il me le donne à moi. Un type absolument chauve. Un peigne.

... et l’amour

Tôt ou tard, cela arrive dans la vie de tout parent. Tu tentes de te préparer moralement, mais ce serait comme te préparer à un miracle. Dans tous les cas, tu deviens fou. Il n’y a pas d’autre moyen.

“Je t’aime beaucoup”, m’a dit mon fils.

À ce moment-là, j’ai tellement rougi que j’aurais pu réchauffer toute une ville. La première déclaration d’amour de ton enfant est quelque chose d’incroyable.

Mon fils était en train de chercher d’autres mots. J’ai retenu mon souffle, en attente de la suite.

“Je t’aime beaucoup”, a-t-il continué, “presque autant que j’aime Paddington”.

J’ai versé une petite larme.

Être second après Paddington, c’est atteindre le sommet dans la hiérarchie de l’amour qu’un adulte ennuyant peut atteindre.

La conclusion est simple : prends la parentalité avec humour et patience. Quels sont tes secrets exceptionnels en mantière d’éducation ? Raconte-nous dans les commentaires !