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Ce jeune homme russe, qui est devenu un célèbre sumotori au Japon, nous raconte la vérité sur l’autre facette du sport

En Russie, habite un jeune homme qui est devenu le premier lutteur professionnel de sumo d’origine russe : Anatoly Mikhakhanov, connu au Japon sous le nom d’Ōrora Satoshi et pour être le combattant le plus lourd dans l’histoire de ce sport. Sa carrière s’est terminée en 2018, et désormais, cet ex-combattant est en train de perdre activement du poids et nous raconte les traditions du pays du Soleil-Levant...

Chez Sympa, nous avons rencontré Anatoly qui nous a éclairés sur les questions les plus intrigantes de la vie de sumo professionnel.

Le sumo, c’est quoi ?

Le sumo est un sport très ancien, c’est pourquoi les combats sont soumis à une quantité énorme de rituels. Par exemple, avant le combat, le sumotori doit rincer sa bouche pour se purifier des mauvaises pensées. L’eau est habituellement apportée par un combattant qui a gagné son dernier combat. Si la gourde est apportée par un sumotori ayant perdu, cela est considéré comme un porte-malheur.

On ne trouve des sumos professionnels qu’au Japon, dans les autres pays, cette lutte est considérée comme un sport amateur.

Historiquement, le sumo est un art martial. Le combat se déroule sur une plateforme recouverte de sable, qui s’appelle dohyō. Le but de chaque lutteur est d’éjecter l’adversaire hors du cercle de combat ou de lui faire toucher le sol par une autre partie du corps que la plante des pieds.

Comment devient-on sumotori ?

Dans ce sport, on accepte les hommes qui ont eu leur bac. L’âge maximum est aussi limité : 23 ans pour les débutants, et 25 ans pour les amateurs. Le poids des débutants est généralement de 100 kg, ensuite, ils gagnent encore des kilos durant les entraînements. Il n’y a pas de limites pour le poids, et il n’y a pas non plus de catégories de poids : parmi les champions, il y a de célèbres athlètes de moins de 100 kg ainsi que des poids lourds (plus de 200 kg).

Anatoly avoue qu’il a toujours été très costaud : en CP, il pesait 100 kg, et à 16 ans, il a atteint le poids de 200 kg. Cela lui a permis de devenir sportif professionnel, mais a limité un peu ses possibilités. Par exemple, lors d’un combat en 2012, il a perdu face à un athlète qui ne pesait que 70 kg ; Anatoly était 4 fois plus lourd que son adversaire...

La vie d’un sumotori est pleine de restrictions

Au Japon, les sumos sont en quelque sorte l’héritage national, c’est pourquoi on fait plein d’efforts pour les protéger contre des traumatismes potentiels. Anatoly a raconté, qu’en 1985, la conduite d’un véhicule a été interdite, lorsque dans un accident de la route ont été blessés deux lutteurs de sumo. Habituellement, les sportifs utilisent le taxi ou des minibus spéciaux.

Celui qui va enfreindre cette règle sera disqualifié d’un ou deux tournois. C’est ce qui est arrivé au vainqueur de la coupe de l’Empereur en 2017, et en 2018, un autre sportif a même été obligé de prendre sa retraite, car il avait causé l’accident.

Des punitions sont également prévues pour le comportement indécent dans la vie privée. Par exemple, le sumotori Roho et son frère Hakurozan ont été disqualifiés à vie en 2008 après un test positif aux substances narcotiques légères. La cause de disqualification peut aussi être un engagement brisé ou une bagarre dans un bar. Ainsi, un sumotori connu a dû faire d’énormes efforts pour se justifier devant l’Association de sumo d’avoir annulé son mariage avec une célèbre actrice japonaise. Cette histoire a fait la une de tous les médias locaux. Il a même fallu organiser des conférences de presse pour expliquer la situation.

Le mawashi comme signe de prestige

Pendant le combat, les sumotoris portent le mawashi, une ceinture spéciale d’une largeur de 80 centimètres et d’une longueur de 9 mètres, qu’il faut nouer sur le combattant de façon assez compliquée. Si le mawashi se dénoue pendant le combat, le sumotori sera disqualifié.

Les sportifs professionnels portent des ceintures en soie de couleur sombre. Les combattants plus jeunes sont toujours habillés en gris.

Anatoly a précisé que le prix d’un mawashi peut atteindre 30 000 dollars, et parfois plus.

Les sumos débutants ne sont pas rémunérés

Les sumotoris touchent entre 12 et 60 000 dollars par mois, en fonction de leur ligue. Ils ont aussi des primes supplémentaires pour les victoires dans les combats.

Mais ce n’est pas la vie idéale : les sumotoris débutants n’ont aucun salaire, sauf les primes pour les victoires. Leur objectif principal est de perfectionner leurs compétences professionnelles. En général, un sportif commence à gagner quelque chose seulement 2 ou 3 ans après avoir commencé la carrière de sumo.

Avant de devenir un élève du rang supérieur ou un maître, les futurs sumotoris vivent dans des conditions spartiates.

  • Tous les jours, ils font des entraînements draconiens : par exemple, dans la position accroupie, il faut écarter 500 fois une jambe parallèlement au sol et la fixer comme ça pendant un moment.
  • Ils dorment sur des paillassons, leurs oreillers sont tassés avec des haricots.
  • Même quand il gèle, ils sont obligés de porter des sandales en bois et un kimono.

Les sumos sont entourés de belles filles

Les sumotoris sont des célibataires attractifs pour les jeunes femmes japonaises. Beaucoup d’admiratrices entourent les sportifs, et en plus, elles sont jeunes et belles.

Mais tout cela cache un inconvénient : les sumotoris débutants n’ont pas le droit de se marier ni même de cohabiter avec une femme. Ils n’ont même pas le droit d’utiliser un portable. Un sumotori débutant habite tout le temps à l’école et ne fait que s’entraîner. La première année, il ne peut pas s’éloigner de l’école et rendre visite à ses parents.

Cette interdiction est annulée, quand le combattant est accepté dans la deuxième ligue. La chose la plus embêtante, c’est qu’en cas de rétrogradation, le sportif doit quitter sa famille, s’il en a une, et retourner à l’école.

Leur carrière finit tôt

Les lutteurs de sumo terminent leur carrière vers 30-35 ans. À cet âge, la plupart d’entre eux, surtout les poids lourds, ont des blessures, et le rétablissement peut prendre beaucoup de temps. Les anciens sumotoris peuvent devenir formateurs, si leur statut le permet, ou alors, ils changent complètement de voie professionnelle. En général, la plupart d’entre eux perdent du poids...

Que penses-tu de cette histoire ? Connais-tu des sumotoris français ? Raconte-nous dans les commentaires !

Photo de couverture a_mikhakhanov / instagram