J’ai refusé de travailler le samedi, et les RH veulent baisser mon salaire


Les conflits au travail peuvent rapidement dégénérer lorsque la productivité, l’équité et les attentes professionnelles s’opposent. Entre les heures supplémentaires non rémunérées et la culture d’entreprise toxique, de nombreux employés se sentent obligés d’en faire plus tandis que d’autres se la coulent douce. Ces situations peuvent avoir un impact sur la santé mentale, l’évolution de carrière et même la sécurité de l’emploi. Une lectrice a récemment écrit à Sympa pour nous faire part d’un conflit de ce type sur son lieu de travail.
Bonjour Sympa,
J'ai terminé ma charge de travail plus tôt que mes collègues. Alors qu'ils peinaient à s'en sortir, les RH m'ont dit qu'une fois que je terminais mon travail, je devais également les aider à finir leurs tâches. J'ai répondu : "Je ne ferai pas de travail non rémunéré !"
Les RH ont répliqué : "Nous te payons de 9h à 17h pour faire ce que nous voulons. Tu es ici pour travailler, pas pour te plaindre."
Je suis restée polie et j'ai souri.
Mais ce que personne ne sait, c'est que j'ai secrètement observé comment mes collègues utilisaient leur temps de travail, et que j'ai pris des notes.
Le lendemain, tout le monde est resté figé d'horreur quand j'ai révélé mes notes : les pauses supplémentaires, les sites web qu'ils consultaient au lieu de travailler, les appels téléphoniques longs et inutiles.
J'ai alors dit clairement et calmement aux RH que je n'allais pas faire le travail des autres pendant qu'ils passaient leur temps à éviter de faire leurs tâches. J'ai également ajouté : "Si vous faisiez votre travail correctement, vous l'auriez remarqué vous-mêmes. Si vous voulez que je parte, je peux le faire."
Je sais que je ne serai pas licenciée car l'équipe dépend beaucoup de moi. Mais maintenant, j'ai également gagné une nouvelle étiquette, celle de "la moucharde de l'entreprise".
Je ne voulais pas en arriver là, mais je me suis sentie acculée. Si j'étais restée silencieuse, j'aurais été coincée à faire du travail gratuit pour des personnes qui ne faisaient pas leur part.
Ai-je eu tort ?
-- Alana

Merci, Alana, de nous avoir fait confiance en nous envoyant ta lettre. Tu n’es pas seule dans ce conflit professionnel, et nous avons rassemblé des conseils pratiques pour t’aider à gérer une charge de travail injuste, les intrigues de bureau et la pression des RH. Voici nos conseils.
Envoie un e-mail aux RH : fais la liste des tâches que tu as finies, des tâches supplémentaires qu’ils t’ont demandées, et demande-leur de confirmer quelles sont les responsabilités qui seront mises de côté pendant que tu assumes les autres.
Ça les oblige à faire un compromis écrit (pas de “bonus gratuit”) et ça transforme le “on te paie pour 9 h-17 h” en une vraie répartition de la charge de travail. S’ils refusent de choisir, ça prouve que la demande était déraisonnable.
Cesse de nommer tes collègues et regroupe ce que tu as observé en catégories : “navigation non professionnelle”, “pauses prolongées”, “appels personnels”, avec le temps total et l’impact sur les délais. Partage ça sous forme de rapport d’une page sur les “fuites dans le flux de travail” : ce qui ralentit la production et comment le mesurer chaque semaine.
Garde les faits, oublie l’histoire de “dénonciation” et redirige la pression vers les systèmes que les RH auraient dû surveiller.
Mets en place un outil de suivi simple et partagé (tableau ou fichier Excel) où chaque tâche a un responsable, une date et la mention “terminé”.
Quand les RH te disent de “prendre leurs tâches”, tu déplaces les éléments vers le tableau et tu assignes publiquement les responsables, y compris toi-même, mais seulement pour les échanges convenus. Ça rend impossible de se cacher sans avoir à surveiller qui que ce soit.
Utilise ton temps libre uniquement pour les tâches “à forte valeur ajoutée” qui te rendent difficile à remplacer : documentation, automatisations/modèles, notes de formation ou mini-guide qui réduira les futurs transferts de tâches vers toi. Ensuite, annonce : “J’investis mon temps libre pour réduire la dépendance de l’équipe à mon égard”, et non “Je suis disponible pour faire des heures supplémentaires”.
Cela te protège contre les représailles et transforme ton rythme de travail en avantage professionnel, et non en travail supplémentaire non rémunéré.
Jane s’est vu offrir un double salaire dans une entreprise concurrente. Lorsqu’elle a décidé de démissionner, les ressources humaines ont réagi d’une manière inattendue. Découvre son histoire.











