On A Découvert un Astéroïde Plus Vieux Que Notre Système Solaire

C’est curieux
Il y a 1 an

Il y a plus de 20 ans, en 1999, nous avons découvert une intéressante roche spatiale en forme de diamant. C’est un astéroïde baptisé Ryugu [Riougou]. Son nom se traduit en japonais par “palais du dragon”. Il existe d’ailleurs un conte populaire japonais derrière ce nom. En résumé, il s’agirait d’un palais magique, caché dans les profondeurs de l’eau. Dans cette histoire, un pêcheur visite le palais après avoir voyagé sur le dos d’une tortue, puis il revient à la surface avec une boîte mystérieuse.

Il y a environ 2 ans la réalité a — pour ainsi dire — rejoint la fiction, lorsque la sonde spatiale japonaise a visité Ryugu et en est revenue avec de mystérieux échantillons collectés sur place. Et le conte ne s’arrête pas là. Il y a tellement de cratères et de roches à la surface de Ryugu, qu’il a probablement connu un passé difficile. Et ses cratères partagent un thème commun : ils portent tous le nom d’un élément des contes de fées !

On trouve ainsi le nom de la princesse qui vivait dans le château magique de Ryugu, avec son père, un dragon sacré. Un cratère a reçu le nom du pêcheur qui avait sauvé la tortue — et un autre celui de la tortue elle-même, bien entendu.

Mais revenons maintenant à la science ! Cette sonde a donc prélevé un échantillon de la surface de Ryugu, puis est revenue sur Terre. Les équipes de chercheurs ont ainsi découvert quelque chose de vraiment insensé : cet astéroïde était plus ancien même que notre système solaire ! Cette sonde spatiale a prélevé ces échantillons afin d’aider les chercheurs à mieux comprendre les origines de notre propre système.

Mais ce n’est pas la première fois que les scientifiques tombent sur des particules aussi anciennes. Ils en ont précédemment découverts dans plusieurs météorites. Celles-ci sont généralement des roches spatiales, qui ont survécu à leur chute à travers l’atmosphère pour atteindre la Terre. Elles sont le plus souvent riches en carbone, tout comme l’astéroïde Ryugu. Mais le matériau présent sur Ryugu est bien plus spécifique et c’est une chose que l’on ne peut pas trouver si facilement sur notre planète : du carbure de silicium, un composé de silicium et de carbone purs.

Le matériau dont est fait Ryugu est si peu commun qu’il nous indique même que l’astéroïde se serait formé dans le système solaire externe. C’est l’un des trois astéroïdes qui se trouvent en orbite autour du Soleil, mais qui se déplacent aussi relativement près de la Terre. Chacun d’entre eux n’est qu’un conglomérat de gravats — et leur gravité collective est ce qui les maintient ensemble. Ils se sont probablement formés après que leurs corps célestes d’origine soient entrés en collision et se soient brisés en de plus petits morceaux. Les roches individuelles de Ryugu ont environ 4,6 milliards d’années, voire même plus. Elles sont donc très probablement composée de matériaux provenant du corps d’origine de l’astéroïde. Mais certaines théories affirment que sa surface pourrait n’avoir que 158 millions d’années...

Ryugu s’est faufilé dans la partie intérieure de notre système solaire, ce qui nous a donné une meilleure chance de l’étudier un peu. Il tourne autour du soleil quelque part entre notre planète et Mars. Il croise l’orbite de la Terre de temps en temps, et c’est pourquoi il appartient à la catégorie des “objets potentiellement dangereux” pour nous, même s’il ne présente pas exactement un menace à l’heure actuelle.

C’est l’un des corps spatiaux les plus sombres de notre système solaire. Et il est étonnamment sec. C’est étrange, car son corps d’origine était probablement composé de beaucoup de glace. Peut-être Ryugu est-il si sec car il a parfois orbité trop près du Soleil dans le passé... Cela aurait réchauffé sa surface et l’aurait asséchée. Ou bien certains des matériaux radioactifs qui s’y trouvent ont pu chauffer l’astéroïde et éliminer la plupart de son eau.

Comment pouvons-nous même savoir quel âge a notre système solaire ? Il était une fois — c’est-à-dire il y a des milliards d’années — dans un coin lointain et presque oublié de la Voie lactée, un nuage moléculaire. Il s’est effondré comme beaucoup d’autres à travers l’Univers. C’est ainsi que de nouvelles étoiles se forment.

Celui-ci a également formé de nouvelles étoiles. Et l’une d’entre elles se trouvait un peu isolée des autres. Elle a recueilli des matériaux autour d’elle et les a transformés en ce que nous appelons un disque protoplanétaire. C’est un disque de gaz et de poussières qui tourne et tourne autour du noyau de ce qui deviendra plus tard un système solaire. Ce disque peut aussi se transformer en corps célestes, comme des astéroïdes et des planètes. Mais ce disque-ci a formé l’étoile centrale que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Soleil, 8 planètes, ainsi que le reste des objets qui composent notre système solaire. Il est âgé d’environ 4,6 milliards d’années.

Toutes les étoiles proviennent de ce phénomène épatant, que l’on appelle une nébuleuse pré-solaire. Il s’agit, encore une fois, d’un nuage de poussière et de gaz qui attire des matériaux. Plus tard, une étoile se forme à partir de ce nuage. La grande région extérieure qui entoure une nébuleuse est froide. Une nébuleuse pré-solaire crée une proto-étoile. C’est une jeune étoile, qui n’est pas encore indépendante, mais qui a besoin de rassembler de la masse de son nuage parent. Ensuite, l’étoile devient “indépendante”. La matière des régions extérieures et froides commence alors à former des amas plus gros.

Au fil du temps, ces amas grandissent et s’entrechoquent. Ils se déplacent, interagissent ensemble, et parfois même fusionnent ou s’éjectent les uns les autres. Après des centaines de milliers, voire des millions d’années, une fois qu’il y a une étoile, les planètes commencent à se former. Il y avait alors probablement de nombreux objets qui ont disparu aujourd’hui, mais notre système solaire ne semble pas très différent de ce qu’il était à l’époque de sa formation. Certaines choses ont cependant pu différer.

Nous avons à présent quatre géantes gazeuses : Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Il y en a peut-être eu une cinquième aussi. Il est possible que nos quatre géantes gazeuses aient été plus proches du Soleil, mais qu’elles aient migré vers sa périphérie Et, qu’y avait-il entre Vénus et Mars ? Une théorie affirme que se trouvait là Theia, une planète de la taille de Mars, et qui plus tard est entrée en collision avec la Terre, donnant naissance à notre Lune.

Les scientifiques ont découvert de nombreuses choses intéressantes à force d’examiner toutes ces sortes de minéraux, de roches et de solides. La composition des différents éléments leur indique l’âge d’un objet. Ils ont ainsi étudié des météorites qui avaient atterri sur notre planète et ont supposé que celles-ci et notre planète faisaient partie du même système. Ils ont donc calculé leur âge potentiel et obtenu environ 4,54 milliards d’années. Les roches de la Lune ne sont pas passées par les mêmes processus que les roches de la Terre, et elles sont plus jeunes de quelques millions d’années.

Et le Soleil, l’étoile centrale de notre système solaire, pourrait quant à lui être un peu plus vieux. Peut-être des dizaines de millions d’années plus ancien que les roches les plus anciennes. C’est comme ça que se passe la formation dans la plupart des cas, tu te souviens ? Les étoiles d’abord, puis les planètes et autres objets solides ensuite. Alors oui, il pourrait avoir près de 4,6 milliards d’années.

Callisto, le satellite de Jupiter, est, pour autant que nous le sachions, la plus vieille lune de notre système solaire et de l’Univers connu. Elle ne paie pas de mine — c’est juste un monde rocheux, recouvert de glace à sa surface et constellé de cratères. Ceux-ci nous indiquent que de nombreux corps spatiaux l’ont frappée au cours des 4 milliards d’années passées — c’est la durée pendant laquelle nous pensons qu’elle a existé. Callisto et le reste des lunes autour de Jupiter sont probablement nées des débris qui sont restés après la formation de Jupiter. Tout cela semble si lointain. Mais l’Univers a 13,7 milliards d’années, alors imagine combien de choses sont encore plus anciennes que notre système solaire !

Mais récemment, les scientifiques ont confirmé qu’ils avaient découvert l’un des objets les plus anciens, mais aussi les plus éloignés que nous n’ayons jamais connus dans l’Univers. Il s’agit d’une galaxie située à 12,8 milliards d’années-lumière de nous. Elle a commencé à se former au cours du premier milliard d’années de l’Univers, ce qui signifie aussi qu’elle s’est formée bien après que le Big Bang ait tout déclenché.

Pendant les 400 millions d’années qui ont suivi le Big Bang, il faisait très probablement beaucoup trop chaud pour que quoi que ce soit se forme. Les premières galaxies, les premiers trous noirs et les premières étoiles n’ont donc peut-être commencé à se former qu’au cours du premier demi-milliard ou du premier milliard d’années. Cette galaxie ancienne pourrait donc être l’une des premières choses à être apparues dans l’Univers, et nous pouvons presque la voir de nos yeux !

Mais il est difficile de l’observer. Les scientifiques ont recours à un puissant télescope, mais l’image est toujours très floue. Il est difficile de distinguer de tels objets à cause des épais nuages de poussière gigantesques qui les entourent. Le télescope spatial Hubble est généralement le plus à même d’observer les galaxies lointaines. Mais il existe un autre télescope mieux placé pour observer de tels objets — et nous avons hâte qu’il soit pleinement opérationnel, pour voir ce qu’il va encore découvrir !

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