Sympa
NouveauPopulaire
Inspiration
Création
Admiration

Il y a cinq ans, on m’a dit que je ne pourrais pas tomber enceinte naturellement. Et on m’a proposé une fécondation in vitro...

6--5
756

Dans notre société, on ne parle pas souvent des difficultés à concevoir un enfant, car c’est un sujet très intime et embarrassant. On parle de notre mal de dos sans avoir honte, mais on a peur d’avouer qu’on ne peut pas avoir d’enfants. Et pourtant, de nos jours, la médecine peut nous apporter des solutions dans les deux cas.

Je m’appelle Julia, j’ai 39 ans et il y a 8 ans, je ne pouvais pas tomber enceinte et avoir des enfants. J’aimerais raconter mon histoire et apporter mon soutien à toutes les personnes qui ont vécu ou vivent une situation de ce genre. Tous ces gens qui s’inquiètent beaucoup, dépriment, doutent et n’arrivent pas à prendre de décision.

Cette histoire s’adresse également aux lecteurs de Sympa qui ne savent pas que ce problème existe aujourd’hui. Peut-être que cela te permettra de mieux comprendre ce que ta collègue ou ton amie ressent quand tu lui dis : “Hé, il est temps d’avoir un bébé” ou “Fais gaffe, l’horloge tourne !”. Cette personne a sûrement besoin de soutien plus que d’autre chose !

L’horloge a commencé à faire tic-tac

J’ai commencé à penser à avoir un bébé après mes 30 ans. Dans mon monde idéal, ma famille se composerait de trois enfants. Il était donc temps de s’y mettre.

Durant la première année de tentatives, il n’y a eu aucun résultat fructueux, mais je n’étais pas particulièrement bouleversée : j’étais encore à 20 ans de la ménopause et, en théorie, j’allais avoir suffisamment de temps. Cependant, je suis allée chez le médecin. Je connaissais un peu le sujet et je savais que je devais tout de suite consulter un spécialiste en fertilité.

Puis un cycle d’environ quatre ans a commencé. L’argent pour les analyses et les tests disparaissait à vue d’œil, mon mari et moi allions sans cesse chez le médecin et dans des laboratoires, mais il n’y avait aucun progrès. Pendant ce temps, mon mari s’est fait surveiller et il a été guéri d’une maladie inconnue. Cependant, le miracle ne s’est pas produit.

Le désespoir

Je discutais avec des filles sur Internet qui avaient le même problème, je lisais des articles sur les causes possibles, j’y pensais tout le temps et j’étais inquiète. Ces pensées sont probablement familières à toutes les femmes qui ont été confrontées à l’impossibilité d’avoir des enfants : pourquoi moi ? Quel est mon problème ? C’est peut-être un signe que je ne devrais pas avoir d’enfant. Je vais mourir sans en avoir ? Mais quel type de signe ça pourrait être ? Après tout, je ne crois pas au destin et pourquoi n’aurai-je d’enfants ? J’en ai besoin moi, j’en veux !

Cette situation a duré de nombreuses années. Finalement, je me suis sentie tellement mal que j’ai décidé d’aller voir un psychothérapeute. Cela m’a soulagée, mais pas tout de suite.

Après avoir commencé à consulter des médecins pendant trois ans, j’ai compris qu’il n’y avait pas de solution. Nous avons pris des rendez-vous dans toutes les cliniques de notre grande ville, nous avions juste un dossier plein de tests et c’est tout. Nous n’avions ni diagnostic précis, ni pronostic, et évidemment, toujours pas d’enfant. J’ai cessé de faire confiance aux médecins pendant ces trois années : nous avions fait beaucoup d’examens, mais nous n’avions pas de problème grave et personne ne savait pourquoi nous n’arrivions pas à avoir d’enfant.

Mais si tu persistes...

J’essayais d’être heureuse avec ce que j’avais. J’ai essayé d’accepter que je n’aurais probablement jamais d’enfant. Je n’aurais jamais un tout-petit avec une odeur de bébé délicieuse, un enfant curieux et drôle, puis un adolescent agaçant.

Mais... on nous a suggéré d’aller dans une autre clinique qui se trouvait dans une autre ville et qui avait une très bonne réputation. On n’avait rien à perdre, alors on s’est mis en route.

Étonnamment, tout s’est passé très rapidement et sans trop de conversations inutiles. Le médecin a vu les résultats de nos tests, a envoyé mon mari pour un autre contrôle, et m’a examinée. Nous avons reçu les résultats, il nous a dit le pronostic : la probabilité de tomber enceinte de manière naturelle était de 5 à 10 %... Les miracles existent, je le sais bien. Mais j’avais déjà 34 ans.

Il s’avère que les résultats des tests de mon mari n’étaient pas très bons. J’avais moi aussi un problème qui faisait que l’embryon ne pouvait pas se fixer. Tout cela pouvait être résolu à l’aide de la fécondation in vitro et d’un traitement spécifique.

Pour recueillir ces informations, nous n’avons pas attendu une semaine ou un mois, non, juste un jour ! Le matin, nous sommes arrivés à la clinique et l’après-midi, nous étions déjà de retour à la maison. Nos sentiments étaient partagés : j’étais vraiment impressionnée par la rapidité de la procédure, car cela faisait trois ans que j’essayais d’obtenir quelque chose de plus précis et, en même temps, l’idée de recourir à une fécondation in vitro était pour moi très effrayante.

Même si la fécondation in vitro était quelque chose de logique et d’attendu, ça a été très dur pour moi de me lancer dans cette aventure. Je savais que c’était une grande épreuve pour le corps, je savais que je devais prendre de grosses doses d’hormones. À ce moment-là, j’avais cherché beaucoup d’informations pour réaliser cette intervention avec plus de tranquillité. Une seule question ne me quittait pas : pourquoi moi ?

Je n’ai pas trouvé la réponse. Cependant, très vite, j’ai accepté mon sort. Je ne sais pas comment et pourquoi c’est arrivé, mais j’étais soulagée. Mon travail avec le psychothérapeute a probablement joué un rôle important.

Les mois suivants, je suis allée à la clinique trois fois. Après six mois, je m’y rendais enfin pour une fécondation in vitro. Cette fois, c’était le grand jour, je n’y allais pas pour un traitement médical, mais pour mon enfant.

En fait, ce n’est pas si effrayant

Pour aborder la question des frais, toute cette procédure a duré deux semaines et demie et nous avons payé un peu plus de 2 000 dollars. C’était moins cher que tous les tests et traitements précédents. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce n’est pas aussi déprimant.

La préparation à la FIV a commencé à la fin du mois d’avril : le temps merveilleux et symbolique de la floraison et de la renaissance. Je suis arrivée à mon rendez-vous chez le médecin et j’ai reçu une ordonnance pour acheter tous les médicaments nécessaires. À la clinique, j’ai rencontré une jeune fille avec qui nous avons loué un appartement.

Tous les jours, mon médecin me faisait un bilan de santé : elle faisait une échographie et me disait de quelle dose d’hormones j’avais besoin de m’injecter le lendemain. Pour cela, je pouvais aller à la clinique et l’infirmière s’occupait de tout, mais, finalement, les piqûres dans l’abdomen n’étaient pas aussi effrayantes et difficiles qu’elles semblaient, alors j’ai commencé à me les faire moi-même. Pendant mon temps libre, je travaillais à distance et je me promenais dans la ville en plein éveil printanier.

Je n’ai pas eu de changements bizarres dus aux hormones : je n’ai pas ri ou pleuré sans raison, je n’ai pas pris ou perdu de poids. Tout était comme d’habitude, mais dans une ville inconnue. C’était même agréable : je marchais beaucoup et je passais beaucoup de temps dans les cafés. Après une semaine et demie, mon mari est arrivé, car c’était à son tour de participer à la procédure.

Le moment décisif

Avant le jour du prélèvement des ovules, mon médecin m’a fait acheter un autre médicament que je devais m’injecter à un moment précis. Le lendemain à 8 heures du matin, j’avais rendez-vous pour le prélèvement.

C’était le 1er mai. Je m’étais imaginé une matinée tranquille en ce jour férié : j’entrais dans la salle d’opération, où l’anesthésiste serait pressé de finir et de passer du temps avec sa famille, il m’endormirait rapidement et le médecin ferait son travail tout aussi rapidement et irait vaquer à ses occupations. J’avais tort : toute la clinique travaillait comme un jour normal. Il y avait d’ailleurs pas mal de patients.

Tout s’est déroulé rapidement et comme prévu, à 10 heures du matin, j’avais récupéré de l’anesthésie et j’ai pu partir. Dans l’après-midi, ils m’ont appelée de la clinique et m’ont dit qu’ils avaient réussi à féconder cinq ovules.

Le jour est venu où ils ont dû transférer les embryons des éprouvettes à mon corps. C’est une procédure indolore. À ce moment-là, j’étais tellement habituée aux manipulations médicales que passer 40 minutes dans un fauteuil gynécologique n’était rien de compliqué pour moi.

Après le transfert des embryons, je devais rester allongée pendant une demi-heure dans la même position. Mais qu’est-ce que “s’allonger quelques minutes” alors qu’à ce moment-là, il est en train de se passer probablement quelque chose qui peut changer ta vie ?!

Puis je me suis habillée et je suis allée à l’appartement. Je me suis allongée un peu plus longtemps et les jours ont passé, puis nous sommes rentrés chez nous.

P.S. C’était très difficile d’écrire tout cela parce que mon fils de trois ans venait me voir tout le temps et essayait de me sauter dessus.

Tous les jours, je lui chante une chanson, dans notre salle de bain nous avons un pot avec Winnie l’ourson et notre appartement est un vrai bazar. Je me fiche complètement des jouets éparpillés un peu partout. Chaque jour, je vois mon fils et je pense à la chance incroyable que j’ai eue.

Je tiens à dire qu’il n’y a pas de honte à rencontrer des difficultés pour avoir des enfants. On peut et on doit en parler. Cherche des personnes qui vivent les mêmes expériences. Parle de tes problèmes, de tes sentiments. Tu seras soulagée de voir qu’il y a beaucoup de gens comme toi ou dans des situations très similaires.

Toutes les femmes avec qui je communiquais à l’époque sont maintenant devenues mamans. Parce qu’aucune d’entre elles n’a abandonné et elles se sont toutes battues pour y arriver.

As-tu vécu une situation similaire et aimerais-tu nous raconter ton histoire ? Réponds-nous dans les commentaires ci-dessous, nous avons hâte de les lire !

6--5
756