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10 femmes françaises avant-gardistes qui ont marqué leur époque

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Qu’elles soient artistes, femmes de pouvoir, scientifiques, journalistes ou sportives, ces 10 femmes ont été fidèles au même principe tout au long de leur vie : une curiosité infinie associée à une liberté de pensée avant-gardiste pour leur époque.

Sympa revient sur le portrait de ces pionnières méconnues, toutes à l’origine d’inventions désormais ancrées dans notre quotidien.

1. Alice Guy : la première réalisatrice de l’histoire du cinéma

Alice Guy, née en 1873 et décédée en 1968, est une figure phare du cinéma muet de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. Elle est la première femme réalisatrice de fiction de l’histoire du cinéma.

Elle passe son enfance au Chili et en Suisse avant d’emménager en France avec sa mère, suite aux décès successifs de son père et de son frère. Elle est rapidement embauchée en tant que secrétaire de Léon Gaumont en France et tourne son premier film, La Fée aux choux, à l’âge de 23 ans, en 1896. Celui-ci la consacre première réalisatrice de l’histoire du cinéma.

Elle émigre ensuite aux États-Unis avec son mari où elle crée son propre studio, la Solax Company. Elle mène de front vie professionnelle, de couple et familiale en faisant preuve d’une grande indépendance pour une femme de son époque. Elle réalisera plus de 1000 court-métrages en totalité — dont l’un des plus notable se nomme La Vie du Christ (1906) — ce qui lui vaudra le surnom de “la femme aux mille films”.

2. Sophie Germain : la mathématicienne à l’origine de la théorie de l’élasticité

Sophie Germain est née en 1776 au siècle des lumières. Pendant son enfance à Paris, elle commence à étudier en cachette les mathématiques, n’étant pas soutenue par sa famille. En effet, le monde des sciences est alors exclusivement réservé aux hommes. Qu’à cela ne tienne, sa famille étant aisée, la petite Sophie a accès aux livres et prend d’assaut la bibliothèque familiale, bien pourvue des derniers ouvrages de mathématiques et de physique.

Par la suite, elle se procure les cours de l’École Polytechnique, ne pouvant pas s’y inscrire en tant que femme. Sous le pseudonyme d’Antoine Auguste Leblanc, elle entre en contact et correspond avec des grands mathématiciens comme le professeur Lagrange et Carl Friedrich Gauss. Elle utilisera ce pseudonyme de 1794 à 1807.

Au cours de sa vie, qu’elle consacre entièrement aux mathématiques et à la philosophie (elle ne se mariera pas), elle fera des découvertes importantes dans les domaines suivants : théorie des nombres et de l’élasticité. Elle décède en 1831.

3. Emilie du Châtelet : la première traductrice française d’Isaac Newton

Emilie du Châtelet est née en 1706 à Paris, dans une famille noble. Elle reçoit la même éducation que ses frères, son père ne la “bride” pas comme c’était le cas pour les filles à l’époque. Ainsi, elle s’instruit sur tous les sujets et apparaît rapidement comme étant une enfant surdouée.

Elle épouse un militaire séduit par son intelligence. Ils mènent une relation “libre”, ce qui lui permet de rencontrer d’autres hommes de milieux érudits. C’est l’une des premières femmes à se vouer aux sciences.

Elle rencontre Voltaire, qui devient son amant et avec qui elle entretiendra une relation pendant 15 ans, jusqu’à sa mort. Lui aussi séduit par les travaux du grand mathématicien, il la soutient dans son entreprise de traduction en français des Principia Mathematica de Newton. Elle achèvera la traduction quelques jours avant sa mort et celle-ci constitue encore de nos jours l’unique traduction en français de l’ouvrage.

4. Jeanne Villepreux-Power : l’inventrice de l’aquarium

Jeanne Villepreux-Power est une naturaliste française, passionnée et pionnière de la biologie marine. Elle est née en 1794 dans une famille de cordonniers, et se rend à Paris dès ses 18 ans pour travailler en tant que couturière. Elle y rencontre son mari et ils partent s’installer en Sicile. Elle se lance alors dans l’étude des richesses de la Sicile, tant au niveau de la flore que de la faune et écrit un guide.

Elle s’intéresse tout particulièrement à l’argonaute, un mollusque céphalopode à coquille qui abonde dans la région. Pour pouvoir parfaire ses études et faciliter l’expérimentation des espèces marines, elle crée des “cages” marines qui seront plus tard nommées aquarium. Lors de son départ de l’île, le bateau contenant toutes ses recherches sombre en mer, ce qui la décourage de poursuivre ses recherches scientifiques. Elle décède en 1871, à l’âge de 77 ans.

5. Suzanne Lenglen : la championne de tennis la plus jeune du monde

Suzanne Lenglen est née en 1899 à Paris, son père lui offre une raquette de tennis pour ses 11 ans et devient rapidement son entraîneur lorsqu’il réalise, en la voyant jouer sur le terrain de leur résidence, la passion de sa fille.

Elle devient la première star internationale de tennis féminin et enchaîne différents records : on comptabilise 181 victoires en sa faveur et un pourcentage de 98% de matchs gagnés. Elle est surnommée “la diva du tennis”.

C’est une sportive accomplie, elle pratique au cours de sa vie le golf, la natation, le tir à l’arc et l’équitation notamment. Elle aura de nombreux amants et protecteurs au cours de sa vie. Elle décède à l’âge de 39 ans, en 1938.

6. Camille du Gast : la première femme française pilote d’automobile

Camille du Gast est née en 1868 dans une famille bourgeoise propriétaire d’une manufacture de vêtements pour hommes. Elle se marie et a une fille, mais se retrouve assez rapidement veuve.

Avant de se tourner vers la course automobile, elle fait valoir notamment ses talents de chanteuse lyrique et de musicienne. Elle est l’une des premières françaises à obtenir le permis de conduire. En 1901, elle participe à la course Paris-Berlin où elle arrive à la 33ème place sur 122 participants. Elle cesse ensuite les courses automobiles après avoir participé à la course Paris-Madrid dans sa Dietrich 35 CV, cela suite aux nombreux accidents mortels survenus lors de celle-ci.

Elle se tourne alors vers le moto-nautisme puis s’illustre dans des missions à connotations caritatives (SPA, financement de dispensaires pour les filles-mères, etc). Riche et non-conformiste, elle est pionnière dans cette discipline et un exemple pour les femmes de l’époque.

7. Elisa Lemonnier : la créatrice de la première école pour les femmes

Elisa Lemonnier est née en 1805 et est issue d’une famille de 5 enfants. Son père aimait instruire ses enfants mais décède alors qu’elle n’a que 12 ans. Sa mère et sa grand-mère s’occupent ensuite de son éducation. En 1831 elle épouse Charles Lemonnier ; il est professeur de philosophie.

En 1848, elle décide d’aider les femmes les plus démunies après la Révolution. Leur manque d’instruction et de compétences lui donne l’idée de créer un enseignement pour permettre à ces femmes d’apprendre un métier. Elle crée donc en 1856 la Société de protection maternelle, qui deviendra en 1862 la Société pour l’enseignement professionnel des femmes. Cette même année, la première école professionnelle pour jeunes filles ouvre à Paris.

Le succès de cette école entraîne l’ouverture d’autres établissements, d’abord en France, puis à l’étranger. Elisa Lemonnier décède en 1865 et est considérée comme la fondatrice de l’enseignement professionnel pour les femmes.

8. Élisa Deroche : la première aviatrice française

Élisa Deroche est née en 1882 à Paris dans une famille modeste. Elle fait une carrière artistique dans le théâtre mais s’intéresse à d’autres sujets comme la peinture, la sculpture et les sports mécaniques.

Elle se lie d’amitié avec Charles Voisin, pilote et fabricant d’avions, ce qui lui permet de mettre un pied dans un milieu exclusivement réservé aux hommes. Elle est la première femme à obtenir son brevet de pilote aviateur, en 1910. Elle voyage beaucoup dans le monde et suscite la curiosité dans le milieu.

Elle effectue plusieurs records, dont le vol le plus long ayant été réalisé par une femme en 1913 (323 km) et un record d’altitude (5150 mètres) en 1919. Elle survit au cours de sa vie à plusieurs accidents aériens et décède, à 36 ans, en 1919. Elle aura été mariée deux fois au cours de sa vie.

9. Alexandra David-Néel : la première exploratrice européenne à voyager jusqu’à Lhassa au Tibet

Alexandra David-Néel née en 1868 à Saint-Mandé, est une exploratrice et écrivaine française. Elle grandit dans une famille à qui elle fausse compagnie plusieurs fois pour réaliser ses explorations ; elle fugue lors de vacances à l’âge de 15 ans. Elle est éduquée dans la rigueur des pensionnats, ce qui forge son caractère.

Passionnée d’Asie, elle commence des études d’orientaliste et se convertit au bouddhisme à l’âge de 21 ans. Elle apprend aussi à côté de cela le piano et le chant, et sa carrière de chanteuse lyrique lui donne l’opportunité de voyager. Elle rencontre et épouse Philippe Néel de Saint-Sauveur en 1904. Il la soutiendra dans ses projets de voyages.

Elle part seule en Inde en 1911 pour un voyage d’études sur le bouddhisme et elle atteint Lhassa, capitale du Tibet, en 1924, alors que l’accès en est interdit aux étrangers. De retour en France, elle écrira un livre Voyage d’une Parisienne à Lhassa, qui sortira en 1927, avant de repartir une nouvelle fois en Asie. Elle décède à près de 101 ans.

10. Berthe Morisot : la première femme peintre impressionniste

Berthe Morisot nait en 1841 à Bourges, dans une famille aisée. Elle a 3 frères et sœurs. À l’époque, l’art tenait une place importante dans l’éducation des enfants, et les sœurs Morisot apprennent donc le piano et le dessin. La famille organise des dîners mondains, ce qui donne la possibilité aux fillettes de rencontrer écrivains, poètes et peintres, tels que Émile Zola, Charles Baudelaire, Charles-François Daubigny, Edouard Manet...

Berthe apprécie surtout la peinture en plein air. Elle expose avec un groupe d’impressionnistes en 1874 et leur peinture sera jugée durement (certains artistes se voient refuser leurs œuvres par le jury). Berthe épouse cette même année Eugène Manet. Elle est considérée comme l’une des “trois grandes dames” de l’Impressionnisme, avec Marie Bracquemond et Mary Cassat. Elle est membre fondateur et doyenne du mouvement d’avant-garde que fut l’Impressionnisme .

Et toi, quelles sont les créatrices méconnues qui t’ont marquées ? Fais-nous en part dans les commentaires !

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