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10 Conseils scientifiques pour réussir l’éducation d’un enfant qui a du mal avec l’autorité

Comment amener quelqu’un à faire quelque chose ? Par l’autorité, l’argumentation ou la manipulation. Malgré un récent retour vers l’autorité, celle-ci reste largement débattue, à cause des nombreuses déviances éducatives que cette méthode comporte. L’argumentation n’est pas toujours évidente avec un enfant, et cela engendre des discussions à rallonge dont on ne se dépêtre pas facilement. Reste donc la manipulation. “Manipuler mon enfant ? Ah, ça, Jamais !”... Mais finalement, pourquoi pas ?

Il existe deux types de manipulations : l’une repose sur des conventions sociales, l’autre s’appuie sur des mécanismes instinctifs. La première aura des résultats différents en fonction des âges, des langues, des personnes ; la seconde fonctionnera pour tout le monde de la même façon, y compris sur les enfants. Celle-ci est même, selon Robert-Vincent Joule, chercheur en sociologie, une excellente base d’éducation ! Afin de t’aider dans tes rapports avec ton enfant, chez Sympa nous avons enquêté pour te fournir une boîte à outils très pratique, dans laquelle tu pourras piocher des idées éducatives originales.

1. Donner une illusion de choix

Afin d’amener un enfant à faire les bons choix (les tiens, en tous cas), la règle la plus importante est la suivante : il doit avoir l’impression d’être libre de choisir, et ce, même quand on a l’impression qu’il n’y a aucune alternative possible.

Exit l’impératif et ses sermons à rallonge ! Propose, afin que ton enfant dispose. “Tu préfères manger la viande ou les légumes en premier ?” ; “Tu préfères qu’on commence par les mathématiques ou par le français ?” ; “Tu préfères prendre ta douche avant ou après manger ?”

Laisser une illusion de choix à ton enfant (car c’est bien une illusion : il faudra faire les deux tôt ou tard) lui donne un avantage qui n’a pas de prix : il participe à la décision. Ce faisant, il la fait sienne : ce n’est pas toi qui a décidé pour lui, c’est lui qui a décidé pour lui. Et comme tu le sais sûrement, il est bien plus facile et agréable de faire quelque chose que l’on a décidé de faire, plutôt que quelque chose que l’on nous impose.

2. Être un bon leader plutôt qu’un patron tyrannique

La liberté, c’est bien, mais cela ne fait pas tout : il faut aussi avoir de bons exemples. Rappelle-toi ce patron insupportable, ce mauvais professeur, cette tante aigrie. Qu’ont-ils en commun ? Ils imposent plutôt que de suggérer, ils disent quoi faire plutôt que d’expliquer comment faire.

Pour motiver ses troupes, rien de tel qu’inspirer ceux dont on recherche l’obéissance. Ainsi, aucun ordre autoritaire ne saurait remplacer le pouvoir de l’exemple. Tu veux que ton enfant passe le balai ? Montre-lui que tu le fais, et propose-lui de le faire aussi. Et ne justifie pas cette proposition avec un renforcement négatif, à savoir “Tu laves parce que tu as sali”, ou “Moi je fais tout dans cette baraque, tu peux bien m’aider un peu !”. Tout cela installera dans son esprit que cette tâche est une corvée, et il ne la fera jamais de bonne grâce.

Il s’agit de montrer l’exemple et d’inciter au mimétisme. Préfère plutôt “Tu es un grand, tu as désormais le droit de faire plus de choses !”, ou encore “Grâce à toi, la maison sera toute propre ! Tu es très fort !”. Voilà ce qui devrait l’inspirer pour de longues années.

3. Complimenter pour motiver

Avant de faire une action, tout être humain se pose une question fondamentale : “Qu’est-ce que cela va m’apporter ?” Cela fonctionne ainsi dès les premiers jours de vie : un bébé qui pleure, et qui obtient à manger, saura qu’il faut pleurer pour obtenir de la nourriture.

Il en va de même lorsqu’il sera plus grand. Ce réflexe très simple peut-être utilisé à l’avantage des parents, en retournant la situation. Si le parent demande à son enfant de manger des légumes, l’enfant se demandera “Pourquoi ?”. Et il faudra alors trouver une bonne raison à lui donner.

Quand les parents épuisés promettront un cadeau ou une fessée afin de voir leurs vœux se réaliser au plus vite, les parents malins gratifieront plutôt leur enfant d’un compliment par anticipation : “Puisque tu es gentil, je ne m’en fais pas, je sais que tu vas manger.”

Un parent qui répètera souvent à son enfant qu’il est sage engendrera un cercle vertueux, et son enfant sera sage. À l’inverse, un parent qui dira régulièrement à son enfant qu’il est méchant, qu’il n’écoute pas, qu’il mange mal... produira des effets dévastateurs. Alors, attention aux mots !

4. Le premier qui s’énerve a perdu

S’énerver n’est jamais la solution. Déjà, cela donnera à ton enfant une mauvaise image de toi, mais également de mauvaises habitudes : si tu t’emportes, il sera impressionné la première fois ; mais au fil du temps, ce comportement deviendra banal à ses yeux, à tel point qu’il le reproduira... et tu le paieras cher.

De plus, tu ne produiras ainsi qu’une escalade de cris, et tes oreilles comme tes nerfs ne t’en seront pas gré. Préfère plutôt la psychologie inversée : si ton enfant se met à crier, ne parle plus, ou chuchote. Les enfants sont curieux, et le tien aura sûrement à cœur d’entendre ce que tu murmures ; il n’aura donc d’autre choix que de baisser le volume.

5. Élever le niveau de l’action

Être parent, c’est pour la vie ; mais pas non-stop ! Il faut savoir s’octroyer quelques temps de pauses, parce qu’en dehors de ta qualité de parent, tu es toujours un être humain. Non, tu n’es pas qu’un père ou une mère : tu as aussi des collègues, des parents, des amis ; et même une baignoire, un bon bouquin ou un lit qui comptent sur toi. Il faut donc te rendre disponible pour eux aussi !

Mais comment faire pour se débarrasser (un moment seulement) de son enfant, en évitant les crises de larmes et de panique ? C’est tout simple : explique à ton enfant qu’il a, lui aussi, du monde qui compte sur lui. Il devrait aller jouer avec cette petite fille qui est toute seule dans le parc, il ne devrait pas délaisser ses jouets ou repousser ses devoirs.

Pas la peine d’investir une fortune dans des centaines de jouets : préfère plutôt l’inventivité, et suggère-lui des activités qu’il pourra faire sans toi, et qui lui permettront de s’épanouir... Et ce, loin des écrans, en se rendant disponible pour les autres. Les enfants sont naturellement altruistes, mais ils perdent cette qualité avec le temps. Ménage-la, et il en bénéficiera autant que toi.

6. Souligner les qualités plutôt que les défauts

Un enfant tâchera toujours de se conformer au mieux à l’image que ses parents lui renvoient. Cela peut paraître étrange, mais si l’on répète à un enfant qu’il est bête, il se comportera en tant que tel ; à l’inverse, si on lui répète qu’il est intelligent, il fera son maximum pour que l’on conserve cette vision de lui.

Ainsi, répéter à un enfant qu’il est intelligent et capable permet d’engendrer un cercle vertueux.

Et cela fonctionne également avec les adultes ! Quel que soit le comportement que l’on attend de quelqu’un, il est toujours plus productif de dire “Je sais que tu es quelqu’un de sympathique, tu vas sûrement aller faire cela” plutôt que “Tu ne vas pas le faire ? Tu n’es vraiment pas sympa”. Le cas échéant, cette technique fonctionne également après coup : “Ah, tu n’as pas fait cela ? Ça ne te ressemble pas ; toi qui es d’ordinaire si sympathique...”. Cette culpabilité pourra engendrer le bon comportement à la prochaine occasion.

7. Responsabiliser le plus tôt possible

Surprotéger un enfant ne lui rend pas service. Les enfants sont très intelligents, bien assez pour comprendre les enjeux importants de la vie. Alors, pourquoi ne pas leur dire la vérité, plutôt que d’inventer chaque jour un nouveau mensonge pour contourner les problèmes ?

Cette technique de soumission librement consentie consiste à modifier le comportement de son enfant, tout en le laissant croire qu’il est l’auteur de ce changement. L’enfant doit se rendre compte par lui-même qu’il ne faut pas acheter de jouet ; rien ne sert d’argumenter.

Pour détourner l’attention d’un enfant d’éventuelles tentations, lors des courses par exemple, il faut le faire participer aux achats : on peut évaluer ensemble, avant d’entrer dans le magasin, le montant global des courses, et tâcher de le laisser calculer les dépenses. En plus de lui apprendre à compter, ce petit jeu l’occupera et permettra aux parents de passer un agréable moment avec lui. Il ne pensera plus aux jouets et se rendra compte par lui-même que cela ne rentre pas dans le budget.

8. S’étonner des erreurs pour encourager la réussite

On a souvent tendance à penser qu’il faut s’énerver et punir l’enfant lorsqu’il fait une bêtise. Or, cela ne règle pas le problème : ce qui est fait est fait. À l’inverse, tâcher de comprendre pourquoi on en est arrivé là, et rassurer l’enfant sur ses capacités est bien plus productif : plutôt que d’assimiler l’échec comme étant quelque chose de grave et d’irrémédiable, mieux vaut rejeter cet échec comme n’étant pas constitutif de la personnalité de l’enfant.

Cela peut paraître contre-intuitif, mais se comprend aisément avec un exemple. Si un enfant tombe à vélo, on ne va pas le punir : il faut au contraire le rassurer, afin qu’il ait le courage de recommencer, et qu’il trouve en lui la force de réussir la prochaine fois. Il en va de même pour une mauvaise note : mieux vaut lui remonter le moral et dédramatiser, plutôt que de le dégoûter et l’acculer.

De plus, pour poursuivre avec la métaphore sur le vélo, on remarque qu’un enfant qui tombe attend souvent de voir la réaction de ses parents avant de pleurer : c’est ce que l’on appelle le regard de référenciation. Si le parent rit, l’enfant rira (s’il n’a pas trop mal) ; à l’inverse, si le parent s’affole, l’enfant pleurera. Ainsi, il vaudra mieux éviter de rire si un enfant fait une bêtise et adopter un air sérieux et concerné pour aborder une mauvaise note.

9. Ouvrir le dialogue pour faire avancer la réflexion

Souvent, en pensant gagner du temps, on entend des parents épuisés clore ainsi un débat : “Tu fais ce que je te dis et tu ne discutes pas. C’est moi qui commande !”

Même si cela pourrait apprendre un certain sens de l’autorité et de la hiérarchie à l’enfant, il y a fort à parier que celui-ci fera ce qu’on lui demande de mauvaise grâce, et avec peu de bonne volonté. Mais comment éviter d’en arriver là ?

C’est bien simple : il faut prendre le temps d’expliquer. Et non, ce n’est pas à l’adulte d’expliquer à l’enfant pourquoi il faut faire les choses, mais à l’enfant d’expliquer à l’adulte pourquoi il ne veut pas les faire. Ainsi, le parent obtiendra de précieux indices pour entamer une remise en question de l’enfant sur ce qui le rebute, et l’adulte pourra ainsi trouver plus facilement de quoi l’aider à avancer.

Ton enfant n’aime pas se brosser les dents ? Peut-être qu’il n’aime pas le goût du dentifrice. Il ne veut pas manger ses légumes ? Peut-être pourrais-tu choisir un autre légume qu’il préfère, ou une autre façon de le cuisiner. Sans demander, impossible de savoir ! L’important est d’amener l’enfant à formuler le problème, car bien souvent, c’est un faux problème, une méconnaissance, qui engendre l’appréhension et le maintien du statu quo. En posant simplement la question, tu pourras surmonter ce qui n’aura même pas le temps de devenir une difficulté.

10. La vérité sort de la bouche des enfants

Par amour, par fatigue ou par espoir, les parents avalent parfois les couleuvres indigestes que leurs enfants leur servent. Cela peut être mignon parfois, mais certains bambins n’hésitent pas à proférer des mensonges dont ils ne mesurent pas la gravité, et cela pourrait les amener à causer de sérieux problèmes, à eux-mêmes ou à leur entourage.

Alors, comment prévenir ces mensonges ? Ils peuvent être formulés pour trois raisons différentes : pour éviter une punition, pour se faire valoir, ou pour se venger. Les moyens de les éviter sont donc évidents : aucune de ces trois situations ne doit être envisagée par l’enfant, et elles doivent être contrées par la discussion. Il faut créer un réel climat de confiance.

Pas si simple, pourrait-on croire ; et pourtant ! Un enfant qui tente d’éviter une punition ou qui cherche à se venger est un enfant qui ne comprend pas le bien-fondé de ses punitions. Il s’agit donc ici de remettre en question tes choix de punition, ou, le cas échéant, de prendre davantage de temps pour discuter avec lui et le comprendre. Enfin, s’il ment pour se faire valoir, c’est qu’il a probablement un manque de confiance en lui ; il faudra alors, une nouvelle fois, ouvrir la discussion, et le rassurer au plus vite, afin que ses inquiétudes n’augmentent pas.

Enfin, quand ton enfant a le courage de te dire la vérité, il ne faut pas le punir ! Faute avouée, totalement pardonnée. Il faudra ensuite discuter, et trouver le moyen pour que cela ne se reproduise pas ; mais veille à encourager la confiance et la vérité entre vous.

Alors, ces conseils t’ont-ils été utiles ? Et toi, as-tu d’autres soucis d’éducation avec ton enfant ? N’hésite pas à nous en faire part dans les commentaires, et nous y répondrons dans un prochain article !

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