Sympa
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13 Films qui décrivent avec humour des erreurs de jugement que quasiment tout le monde fait

Ça nous est tous arrivé au moins une fois : refuser d’admettre que l’on s’est trompé (ce n’est pas forcément facile), entendre un ami nous dire à quel point “notre femme est la plus belle du monde” (tant mieux si elle te plaît à toi, mais honnêtement...), ou réaliser après des années que l’on s’est trompé sur quelqu’un (quand on regarde bien, c’était pourtant évident). Mais que sont ces espoirs déraisonnables qui se logent dans nos esprits ? Ce sont des biais cognitifs. Autrement dit : des mécanismes que notre cerveau met en place pour nous rendre la vie plus facile. On ne le fait pas exprès, on n’y est pas pour grand-chose, mais voilà : ils peuvent parfois rendre nos liens sociaux assez compliqués.

Afin que tu puisses mieux les reconnaître et t’en prémunir, Sympa t’a fait une liste de certains de ces biais que l’on rencontre tous les jours, expliqués avec des films.

1. Biais d’immunité à l’erreur

Le biais d’immunité à l’erreur fait que le sujet ne voit pas ses propres erreurs. Il tend ainsi à persister dans ses décisions, pensant qu’elles sont justes et pertinentes. Lorsqu’il en constate les effets négatifs, il s’entête à penser que ce sont de bonnes choses ; ou alors, s’il n’a vraiment pas d’autre choix, il réfutera avoir eu ce point de vue, et en adoptera un nouveau, argumentant qu’il a toujours pensé cela.

Ce biais est facile à repérer chez les autres (“Je n’ai jamais dit ça !” “Mais si, tu l’as dit !”), mais plus difficile à admettre pour soi. Il se retrouve pourtant partout, et en chacun de nous. Mais comme sa définition l’indique, on ne le voit pas ! Pour s’en rendre compte, il faut demander de sincères avis extérieurs, accepter de les écouter... et les comprendre.

Ainsi, dans la série Kaamelott, Karadoc (Jean-Christophe Hembert) se casse un bras pensant qu’il pourra assez facilement briser douze plaques de pierre, et n’imagine pas une seconde qu’il se trompe, alors même qu’Arthur (Alexandre Astier) le lui signifie à plusieurs reprises.

2. Biais de présentéisme

Le biais de présentéisme fait privilégier les facteurs présents plutôt que les facteurs absents. Ainsi, nous avons tendance à considérer que ce qui se trouve sous nos yeux est plus urgent, plus important que ce que nous avons en tête. Cela veut dire par exemple qu’un vendeur tendra à s’occuper en priorité d’un client qui se trouve devant lui, dans sa boutique, plutôt que d’un client qui le contacte par e-mail, et ce même si la requête du premier est moins urgente que celle du second.

Cela illustre également le problème des petites amies du héros (Kyan Khojandi) de la série Bref. : lorsqu’il était avec l’une, il ne pensait plus à l’autre, et vice versa, jusqu’à ce qu’elles soient toutes les deux en face de lui et lui demandent de choisir celle qu’il préfère.

3. Biais de proportionnalité

Le biais de proportionnalité nous laisse croire que si l’on observe une augmentation des manifestations d’un phénomène, c’est parce que le nombre d’occurrences de ce phénomène augmente réellement, alors qu’en réalité, c’est l’outil d’observation qui est amélioré. Cela signifie que l’on a tendance à tirer de fausses conclusions statistiques.

Cette “amélioration de l’outil d’observation” peut par exemple être liée à un sevrage, comme c’est le cas pour les protagonistes du film Le Pari. Lorsque l’on essaie de se priver de quelque chose, ou d’en réduire notre consommation, notre esprit y pense tout le temps : c’est aussi le cas pour les régimes, les smartphones, les jeux vidéo... ou même les relations amoureuses ! On a l’impression de voir l’objet de nos désirs partout dès lors que l’on essaie de s’en éloigner.

4. Aversion à la dépossession

L’aversion à la dépossession signifie que posséder quelque chose nous rend moins objectifs à son sujet. Pour nous rassurer, notre cerveau a instinctivement tendance à voir nos choix, nos amis, nos propriétés, sous un meilleur jour qu’en réalité.

Par exemple, dans La vérité si je mens, les protagonistes ont souvent tendance à jurer que les produits qu’ils vendent sont meilleurs que les autres, de la plus haute qualité, que leurs femmes sont les plus belles, etc... Cette affirmation n’est pas nécessairement un mensonge, mais juste un point de vue personnel.

5. Biais d’ancrage

Le biais d’ancrage entraîne une persistance de la première impression. Il peut causer de nombreux problèmes, notamment au sein du couple : on a tendance à ancrer dans notre esprit une image enjolivée de la personne que l’on aime, du jour où l’on en est tombé amoureux. Cela nous empêche de nous rendre compte que cette personne a changé, ou même qu’elle ne correspondait pas réellement à l’image que l’on s’est fait d’elle au premier regard.

Ici, Victor Pivert (“comme un pivert !”) dans le film Les aventures de Rabbi Jacob, ne s’est pas rendu compte, et ce, malgré de nombreux indices, que son chauffeur Salomon était juif.

6. Biais d’attribution

Le biais d’attribution consiste à attribuer la responsabilité de quelque chose à quelqu’un, même si les causes réelles de cette responsabilité sont externes.

Par exemple, dans le film Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu, Claude et Marie Verneuil (Christian Clavier et Chantal Lauby) s’attribuent la responsabilité du mariage de leurs filles avec des gendres qu’ils ne cautionnent pas. Le présupposé est absurde : cela ne vient pas d’eux, le choix repose uniquement sur les décisions de leurs filles. Pourtant, afin de mieux rationaliser et comprendre leur situation, ils se pensent responsables et supposent ainsi avoir “fait quelque chose au bon Dieu” pour avoir mérité cela.

7. Biais d’auto-complaisance

Le biais d’auto-complaisance est un travers qui nous fait croire que nous sommes responsables de nos réussites, mais pas de nos échecs. Afin de se protéger d’une perpétuelle remise en question qui serait coûteuse en énergie, notre cerveau s’attribue volontiers des réussites (même si nous n’en sommes pas la cause), et plus difficilement des échecs (même s’ils sont évidents).

C’est ce biais qui pousse Jérôme (Christian Clavier), dans Les bronzés font du ski, à être persuadé qu’il a fait un temps record dans une épreuve de ski et que les juges se sont trompés en le chronométrant, plutôt que d’admettre que l’erreur ne vient pas des juges, et qu’il n’a pas établi de record.

8. Piège abscons

Le piège abscons désigne une escalade d’engagements qui nous empêche de remettre nos choix en question. Lorsque nous tombons dans un piège abscons, nous avons tendance à persister dans notre première décision sans la remettre en question, alors même que celle-ci nous coûte de plus en plus cher en temps ou en argent.

C’est notamment sur ce principe que reposent les machines à sous dans les casinos (“La prochaine sera la bonne, j’en suis sûr !”), ou encore l’intrigue du film La maison du bonheur : Charles Boulin (Dany Boon) persiste dans sa conviction que sa maison sera prête à temps pour accueillir sa femme (Michèle Laroque), alors même que tout lui prouve qu’il devrait arrêter d’y croire.

9. Biais de surconfiance

Le biais de surconfiance, aussi appelé l’effet Dunning-Kruger, désigne un biais par lequel moins on est qualifié dans un domaine, plus on se croit compétent. Avec l’avènement d’Internet et des réseaux sociaux, cet effet se retrouve partout sur la toile : chacun y va de son opinion, de son avis peu éclairé, persuadé pourtant d’être bien plus clairvoyant que quiconque.

C’est en l’occurrence ce qui arrive dans Le dîner de cons à François Pignon (Jacques Villeret) lorsqu’il désigne le nouveau compagnon de sa femme comme étant “un con”, et c’est ironiquement ce qui arrive finalement à Pierre Brochant (Thierry Lhermitte) : il aura passé sa soirée à se moquer de son invité, alors qu’il en est un lui-même (“Il est mignon Monsieur Pignon, il est méchant Monsieur Brochant.”)

10. Biais de confirmation

Le biais de confirmation est un biais qui consiste à nous faire écouter et croire davantage ce qui confirme nos pensées plutôt que ce qui les invalide. Il suffit qu’une seule personne soit d’accord avec nous pour nous convaincre que nous avons raison, même si des milliers d’autres sont en désaccord.

Cela se retrouve notamment très souvent dans les engagements politiques : on a tendance à valider une majorité d’idées provenant de notre parti, même les mauvaises, et à rejeter d’emblée celles des autres, sans même nous poser la question.

Ce biais cause bien des problèmes à l’amiral-général Aladeen (Sacha Baron Cohen) dans The Dictator : il n’écoute l’avis de personne, et fait couper la tête de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. À l’inverse, son oncle Tamir (Ben Kingsley) l’approuve continuellement, et lui donne ainsi toujours raison.

11. Biais de Statu Quo

Le biais de statu quo fait que, quelle que soit la situation, on évite le saut dans l’inconnu et les changements. On a tendance à penser que la nouveauté apportera plus de risques que d’avantages, et on préfère rester “comme avant.”

Afin de se protéger d’éventuels risques, notre cerveau tend à trouver plus facilement des arguments positifs, voire même à se mentir à lui-même et diminuer les problèmes liés à la situation de base, pour ne pas voir les bienfaits du changement.

C’est le problème par exemple d’Amonbofils (Gérard Darmon) dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre : celui-ci “fait toujours comme on fait tout le temps” parce “qu’on a toujours fait comme ça”, et est convaincu que cela suffit comme preuve du bien-fondé de ses actions.

12. Biais d’égocentrisme

Le biais d’égocentrisme n’est pas, comme on pourrait le croire, le défaut de ne penser qu’à soi, mais bien une tendance à se croire plus important qu’on ne l’est réellement. Notre esprit exagère notre rôle dans les réussites auxquelles on a pris part, mais également notre rôle dans nos échecs.

En plus, on aura tendance à trouver toutes sortes de justifications pour chacun de nos actes, et à se rassurer en permanence de ses compétences. Mais n’y vois pas de la mégalomanie, ce biais est, comme tous les autres, un moyen que trouve notre cerveau pour ne pas nous trouver dans une remise en question perpétuelle, et pour éviter la dépression liée à la recherche en vain de la perfection.

Cela est bien illustré dans la série Friends, lorsque Joey (Matt LeBlanc) se satisfait de son talent d’acteur : il croit avoir trouvé une excellente technique pour lui permettre de gagner du temps lorsqu’il oublie ses répliques, alors qu’en réalité, celle-ci est loin d’être discrète.

13. Biais rétrospectif

On retrouve le biais rétrospectif chez beaucoup de gens qui, après un choc, une annonce surprenante ou un drame mondial, affirment qu’ils “le savaient déjà”. Intuition féminine, sixième sens ? Que nenni ! Si on leur avait posé la question avant, ils ne l’auraient pas deviné, ou bien ils l’auraient proposé parmi une multitude d’autres possibilités.

Cette tendance à croire après coup qu’on se doutait que quelque chose allait se produire est, une fois de plus, un effet de notre cerveau : après qu’une chose soit devenue véridique, nous avons besoin, pour la comprendre, de retracer la suite d’événements qui ont rendu cette chose possible. Une fois ce chemin mis en lumière, cela nous paraît évident, mais on oublie qu’autre chose aurait pu se produire, et que cela nous aurait paru tout aussi évident.

C’est ainsi qu’Hubert Bonisseur de La Bath (Jean Dujardin), l’agent secret d’OSS 117, affirme “qu’il le savait déjà”, lorsqu’il apprend que les pharaons n’existent plus.

Et toi, arrives-tu à admettre lorsque tu t’es trompé, et à revenir sur tes décisions ? Penses-tu que l’espoir, même s’il est vain, soit une bonne chose ? Donne-nous ton avis dans les commentaires !

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