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J’ai toujours eu du mal à dépenser de l’argent pour moi, et cela a failli détruire ma vie

Beaucoup d’entre nous devaient économiser pour acheter quelque chose de coûteux. Il y a des personnes qui ont maîtrisé l’art de faire des économies et qui connaissent tous les magasins les moins chers dans leur ville. Chacun peut se serrer la ceinture pendant quelques mois pour s’offrir une chose désirée. Mais il est difficile de s’imaginer dans une telle situation pendant plusieurs années ou toute sa vie.

Salut, je m’appelle Alena. J’ai décidé de partager mon histoire avec les lecteurs de Sympa. À travers mon récit, je voulais montrer qu’à la poursuite de nos rêves, on oublie de savourer les petits plaisirs de la vie, et on manque l’occasion d’être heureux ici et maintenant.

Mon mari m’a offert un nouveau smartphone pour Noël. La plupart des gens auraient sauté de joie à ma place. Et moi, j’ai dit merci à mon époux et je me suis enfermée dans la salle de bains pour googler, les doigts tremblants, le prix de mon cadeau. J’étais très énervée, car avec cet argent, on aurait pu payer toutes les factures, acheter les nouveaux placards de cuisine ou changer notre vieux frigo qui refroidissait mal. À ce moment-là, j’en suis arrivée à penser que je devais revendre mon nouveau portable et me contenter de mon téléphone obsolète. Son écran était fissuré et son espace de stockage était insuffisant, mais ce n’était pas grave ! On pouvait quand même l’utiliser !

Pourquoi a-t-on parfois du mal à se faire du bien ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à accepter un cadeau plus ou moins cher sans trop de frustration ? Pourquoi faire à tout prix des économies et vouloir retourner un objet utile qu’on aime vraiment ?

J’ai toujours eu du mal à dépenser de l’argent pour moi

Il y a une différence entre un trait de caractère et une simple habitude. Quand j’étais à l’université, je travaillais le soir après les cours. Comme je gagnais de l’argent, j’achetais des vêtements à mon petit frère, des provisions et des trucs pour la maison. Parfois, j’aidais financièrement ma mère.

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai commencé à travailler en tant que fonctionnaire. Un an plus tard, j’ai été invitée à travailler dans une grande entreprise. J’étais très bien payée et je pouvais tout me permettre : acheter un tas de vêtements dernières tendances, aller régulièrement chez un coiffeur et une esthéticienne haut de gamme, porter des chaussures de luxe. Mais, j’étais très différente de la plupart des jeunes filles de mon âge qui savaient ce qu’était la French manucure, le balayage, l’épilation à la cire orientale, le maquillage professionnel. Je me teignais les cheveux toute seule et je portais obstinément mon vieux jean.

Vous savez, le fait est que j’avais un rêve de déménager du petit appartement où j’avais grandi. Quand j’ai commencé à gagner assez d’argent, on a décidé de le vendre et d’investir dans un logement à construire. Le futur immeuble devait se trouver dans un bon quartier. On a choisi une grande compagnie de construction avec une bonne réputation. Tous les travaux de construction devaient être achevés dans un délai d’un an. On a loué un minuscule appartement, j’étais sûre qu’il fallait patienter un petit peu. On n’avait presque pas de meubles et d’appareils électroménagers. On profitait toujours des soldes pour acheter des produits ou des vêtements. On ne pensait qu’à une chose : économiser un maximum d’argent pour l’aménagement de notre futur logement. Les amis m’invitaient souvent à des fêtes, mais j’y allais de moins en moins. Je n’avais qu’une pensée, qu’un but... J’étais persuadée que cela ne serait pas sage de dépenser pour des choses stupides et qu’on allait pouvoir se voir n’importe quand dans le futur.

Malheureusement, la construction de notre appartement n’a pas été achevée avant quelques années plus tard...

Les premiers mois, je vivais dans mes rêves. J’imaginais ma future chambre, sa décoration intérieure, son éclairage, de grands placards avec miroirs... Six mois plus tard, j’ai eu des moments de faiblesse qui arrivaient de plus en plus souvent : je pouvais acheter un latte le matin ou des cosmétiques chers. Une fois, ma collègue a apporté un catalogue de sous-vêtements de luxe au bureau. Elle me l’a donné juste pour regarder les images, et deux semaines après, j’ai reçu trois ensembles à un prix élevé. J’avais des sentiments partagés pour mes achats compulsifs : d’une part, j’éprouvais ce désir irrésistible d’acheter les choses qui me plaisaient, d’autre part, je n’arrivais pas à arrêter de culpabiliser de dépenser pour des trucs superficiels.

Un rêve devenu réalité

On a dépensé tout notre argent pour l’aménagement de l’appartement et on a enfin emménagé dans notre propre logement. J’étais excitée, j’allais commencer une nouvelle vie pleine de bonheur et de joie. Toutefois, toutes mes attentes ont été déçues. J’ai réalisé que je m’étais privée de tout, pour si longtemps, que quelque chose s’était brisé en moi et que j’avais juste oublié comment me faire plaisir.

J’étais épuisée, je passais trop de temps dans mon bureau, j’étais célibataire. On devait faire encore des dépenses importantes : il fallait acheter de gros meubles et des appareils électroménagers. Cependant, je ne me sentais plus en mesure de revivre l’enfer de ces dernières années.

Une de mes amies nommée Catherine, qui avait grandi dans les mêmes conditions que moi, vivait une autre vie. Elle prenait des prêts pour des gadgets branchés et des voyages et se plaignait constamment du manque d’argent. Je ne pouvais pas m’empêcher de la regarder avec désapprobation. Ce faisant, je voyais qu’elle était plus heureuse que moi et qu’elle profitait pleinement de la vie. Elle parlait de ses vacances ou de ses nouveaux vêtements avec joie et satisfaction.

Des sorties entre amies me mettaient généralement mal à l’aise. Je voyais avec envie mes copines s’épanouir au fil des années. Véra a porté un appareil dentaire pendant deux ans et a retrouvé un sourire parfait. Marie a terminé le cours de cuisine, a pris un emprunt et a ouvert une petite pâtisserie. Liza a gravi l’Everest et apprenait à surfer à Bali. À côté d’elles, j’étais une femme adulte qui portait des vêtements démodés et qui n’avait jamais osé voir le monde.

J’en ai assez

Plutôt que de dépenser mon salaire de congé pour des placards et des chaises, je suis partie toute seule en vacances au bord de la mer. J’avais besoin de prendre un nouveau départ, de me sentir mieux, de me mettre dans une ambiance ensoleillée.

Quand je suis rentrée, j’ai commencé à voir régulièrement mes amis. Pendant l’une des fêtes, j’ai rencontré mon futur mari. Je n’ose imaginer ce qui me serait arrivé, si j’étais restée à la maison. Après un certain temps, mon petit ami et moi avons emménagé ensemble. Donc, je n’ai vécu dans notre nouvel appartement qu’un an.

Mon mari était très surpris par mes habitudes ménagères. Je ne savais pas cuisiner, et ce n’était pas parce que je ne voulais pas apprendre. Le fait est que j’avais tellement fait des économies sur l’alimentation, que je m’étais habituée à utiliser un ensemble limité de produits alimentaires pas chers : du poulet, du riz et des légumes les meilleurs marché. Lorsque mon époux s’est mis à cuisiner pour notre famille, je me suis retrouvée dans un autre monde. L’huile d’olive, la coriandre et d’autres ingrédients et épices chers ou rares étaient un vrai luxe pour moi. J’ai découvert tant de goûts ! Je savourais les nouvelles recettes de mon mari avec un grand plaisir, j’adorais vraiment ça !

Malgré tout, je m’achetais toujours rarement des choses, à moins d’en avoir vraiment besoin. Je n’avais aucune idée de comment faire pour prendre soin de moi. Heureusement, mon bienaimé m’a fait entendre la voix de la raison.

Peu à peu, je me rendais compte qu’il valait mieux profiter de la vie et me faire de petits cadeaux ici et maintenant, plutôt que de tout remettre à plus tard et de me contenter de peu. J’ai retrouvé l’envie de me faire du bien et j’ai commencé à dépenser du temps et de l’argent pour moi et mes intérêts.

Les conséquences

J’ai passé plusieurs années à réaliser mon rêve. J’ai vraiment fait de mon mieux ! Je me demande parfois si je voudrais faire la différence. Absolument ! C’est pour cela que j’ai décidé de partager mon expérience avec tout le monde et d’avertir qu’il est inutile de se contenter du pain et de l’eau en poursuivant son objectif. Voici les conséquences que j’ai dû subir :

  • La stagnation de la carrière. J’ai toujours travaillé avec la peur de perdre mon emploi. Faire des heures supplémentaires ? Ok. Bosser tout le weekend ? Pas de problème ! Je faisais le travail de tout le monde dans mon département. Malheureusement, je ne faisais que m’éparpiller et perdre en efficacité. Ma stabilité professionnelle s’est finalement transformée en stagnation. Malgré mes nombreux efforts, j’étais toujours oubliée lorsqu’il s’agissait de promotions au travail en restant trop longtemps dans le même poste.
  • Le manque de confiance en soi. Comme je n’étais pas appréciée au travail, je suis devenue une spécialiste angoissée. Comme je ne sortais avec personne depuis longtemps, j’ai commencé à douter de moi-même. En plus de tout ça, je comprenais trop bien que les vieilles robes et chaussures que je portais ne pouvaient mettre personne en valeur.
  • L’autodénigrement devenu habituel. Je ne comprenais pas comment on pouvait dépenser 500 € dans un spa et je me contentais d’acheter des masques pas chers. Je me demandais comment me faire plaisir. Un weekend à la campagne, des séances de massage, aller dans un salon de beauté ? Je finissais toujours par conclure que c’était trop cher et j’allais chercher un gâteau à 10 € pour ne pas me ruiner.
  • Le stress chronique a eu des effets sur ma santé physique et mentale. D’abord, j’avais du mal à dormir, je souffrais de tics nerveux et je devenais de plus en plus irritable. Puis, j’ai commencé à souffrir de migraines, j’avais le teint terne, des problèmes de poids et de digestion.

Et maintenant...

Maintenant, je fais de mon mieux pour maîtriser enfin l’art de m’aimer moi-même : j’essaie de reprendre contact avec mes bons amis, de prendre soin de moi au quotidien, de me maquiller, de vivre le moment présent. Je suis en permanence à l’écoute de mes besoins, qu’il s’agisse d’un bain moussant, de chocolat ou d’une jolie robe. J’accepte mes désirs et je profite de petits moments de plaisir. Cependant, il m’arrive toujours de sentir que je n’ai pas le droit d’acheter ou d’accepter des trucs coûteux, comme c’était le cas pour mon nouveau smartphone.

Certains de mes amis ont cessé de sortir et de s’acheter de nouveaux vêtements pour économiser au maximum. On ne doit pas répéter leurs erreurs et éviter de dépenser de l’argent pour nous ou pour nos proches. Il faut cultiver son bonheur et ne pas oublier d’apprécier et de savourer les petits plaisirs du quotidien.

As-tu déjà dû te priver de beaucoup de choses pour une cause ? N’hésite pas à nous faire part de ton expérience dans les commentaires !

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