Pourquoi Les Gens du Passé Dormaient Dans Des Coffres

C’est curieux
Il y a 8 mois

Bien, la prochaine fois que tu auras envie de te plaindre que ton lit n’est pas assez confortable et que ta chambre est trop petite, tu n’auras qu’à repenser à ces gens d’antan qui devaient dormir dans des boîtes. Jusqu’au début du XIXème siècle, c’était une pratique courante en Europe. Et non, ce n’était pas le style de vie des personnes les plus pauvres — même la bourgeoisie avait recours à un tel arrangement.

À l’époque, les maisons étaient beaucoup plus petites, avec une ou deux pièces tout au plus. La plus grande servait à la fois de chambre et de salon, et toutes les personnes vivant ou même ne faisant que visiter la maison y dormaient. Même dans les plus grandes demeures et dans les palais, il n’était pas rare que les domestiques partagent une chambre avec leur employeur. Les gens étaient donc heureux d’avoir la moindre bribe d’intimité. Une option possible était un rideau entourant le lit, mais cela ne suffisait pas dans certains cas. Et c’est ainsi qu’est née la tradition du lit-clos.

Ce meuble inhabituel, qui ressemblait à une grande armoire, est originaire de Bretagne. Certains lits-clos étaient indépendants, d’autres étaient intégrés dans des alcôves de la maison. Ils comportaient soit un rideau, soit une porte pour plus d’intimité et ils était fort efficaces pour conserver la chaleur corporelle de leur occupant. C’est pourquoi c’était une solution parfaite pour les froides nuits d’hiver. Il est aussi possible que ces lits aient protégé les dormeurs des bestioles diverses qui auraient pu pénétrer dans la maison. Il était commun d’orner cette armoire de nombreux détails sculptés.

De nombreux lits-clos disposaient aussi de compartiments qui leur permettaient de faire office d’armoire ou de commode. Un siège y était souvent adjoint, que les gens pouvaient utiliser pendant la journée. Il y avait aussi l’option à deux étages, afin d’accueillir plus d’un seul dormeur. Dans certains cas, les lits-clos avaient des verrous pour en fixer la porte ou des loquets à l’extérieur, afin d’y ranger des objets de valeur lorsque leur propriétaire était en déplacement pendant la journée.

À un moment donné, les lits-clos étaient devenus si populaires que les gens s’en procuraient même s’ils avaient suffisamment d’espace et d’intimité dans leurs maisons. Il en existait différentes variétés, y compris des lits secrets ressemblant à de simples armoires, ou cachés derrière des rangées de bibliothèques et de tiroirs. Puis, les gens ont fini par se rendre compte que ces lits-clos n’étaient pas exactement la meilleure solution en termes d’hygiène, et ils sont finalement tombés en désuétude au cours du XIXe siècle. Maintenant que l’espace est de plus en plus limité dans les grandes villes telles que New York ou Tokyo, les lits-clos ne semblent plus être la pire des solutions, et les designers commencent à repenser ce meuble du passé...

Si tu as besoin d’au moins 8 heures de sommeil pour te sentir frais le lendemain, tu ne t’amuserais pas beaucoup dans l’Europe pré-industrielle. De nombreuses lettres, journaux intimes, essais philosophiques, articles de presse et autres pièces de théâtre nous apprennent que dormir par roulement était une pratique courante à l’époque. Selon le Dr. Arthur Ekirch, ce fut une habitude planétaire pendant des siècles, jusqu’à ce qu’elle perde en popularité à la fin du XVIIe siècle. Il a retrouvé des mentions de cette coutume dans différentes sources venant d’Europe, d’Afrique, d’Asie du Sud et du Sud-Est, d’Australie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient. La première mention de sommeil segmenté proviendrait de l’épopée grecque de L’Odyssée.

Entre 9 et 11 heures du soir, les familles allaient se coucher pour quelques heures. La plupart d’entre elles se reposaient sur des matelas rembourrés de paille ou de chiffons. Les personnes les plus fortunées avaient des matelas garnis de plumes. Ensuite, ils se réveillaient pendant une heure ou deux.

Cette période se nommait “la veille”. Il n’y avait pas encore de réveils-matin, de sorte que les gens se réveillaient naturellement. Ils utilisaient ce temps pour achever ce qu’ils n’avaient pas pu terminer pendant la journée, comme coudre, couper du bois, lire, ou simplement se détendre et réfléchir. Ils faisaient tout cela au clair de lune, sous une lampe à huile, ou à l’aide de bougies faites de tiges de joncs cirées. Les paysans consacraient leur veille à des tâches autrement plus contraignantes, comme rapiécer le tissu, peigner la laine, ou s’occuper des animaux de la ferme. Ensuite, tout le monde retournait au dodo pour ne se réveiller qu’à l’aube.

Certaines personnes, comme Léonard de Vinci et Nikola Tesla, par exemple, ont poussé cette méthode de sommeil segmenté jusqu’à son paroxysme. Ils pratiquaient un sommeil dit “polyphasique”, en alternant plus de trois siestes par jour. De Vinci ne voulait pas gaspiller un temps inestimable pour quelque chose d’aussi banal que de roupiller... de sorte qu’il dormait 15 minutes toutes les quatre heures, ce qui revient à seulement une heure et demie de sommeil par cycle de 24 heures. De cette façon, il aurait économisé jusqu’à six heures supplémentaires par jour, à consacrer à des tâches plus constructives. Ce génie aura vécu 67 ans, et gratté jusqu’à 20 années de productivité supplémentaires par rapport au commun des mortels.

Nikola Tesla, qui a introduit le courant alternatif dans nos vies, était si passionné par les sciences qu’il ne voulait aucunement les sacrifier à ces 8 longues heures de sommeil chaque nuit. Il semblerait qu’il n’ait jamais dormi plus de 2 heures par jour ; et qu’il ait une fois passé 84 heures à travailler dans son laboratoire sans prendre la moindre pause. Il expliquerait plus tard que le frisson que lui procurait la science lui faisait oublier des choses fondamentales, comme la nourriture, le sommeil et même sa famille et ses amis. Avant de t’essayer toi-même à ce rythme spartiate, souviens-toi qu’il te faut davantage de sommeil dans ta vie qu’une petite heure et demie par jour, si tu veux te sentir dynamique et aider ton cerveau à fonctionner normalement...

Autrefois, le lit était le premier gros investissement mobilier d’une famille, car il représentait financièrement près d’un quart de tout ce qu’elle possédait. Les foyers se les partageaient donc, et les amis et les domestiques se joignaient souvent à eux. Il y avait tout un ensemble de règles, notamment les positions de sommeil préférées, ainsi qu’une hiérarchie en fonction de l’âge.

Les chanceux qui avaient la possibilité de voyager partageaient souvent leur lit avec de parfaits inconnus, ou avec leurs compagnons de voyage. Comme John Adams l’a écrit dans son journal, il a une fois partagé un lit avec Benjamin Franklin. Les deux hommes voyageaient de Philadelphie à Staten Island, pour une mission pacifique en septembre 1776.

Après avoir traversé le New Jersey, ils ont décidé de s’arrêter quelque part pour la nuit. Il n’y avait que deux chambres disponibles pour trois hommes, de sorte qu’Adams et Franklin ont dû se partager une chambrette à peine plus grande que ne l’était leur lit. Adams voulait fermer la fenêtre pour garder la pièce au chaud, et Franklin lui a présenté sa “théorie des rhumes”. Il était certain qu’une pièce étouffante était bien plus dangereuse pour la santé de quiconque qu’un peu d’air frais. L’exposé de cette théorie semblait aussi ennuyeux à Adams qu’à n’importe quel étudiant... et il s’est très vite assoupi en compagnie de Franklin sans même s’en apercevoir.

As-tu une position de sommeil préférée ? Cela peut être sur le dos, sur le côté, ou même sur le ventre. Mais... et si tu dormais debout ? Si tu visites une demeure bourgeoise ou un château du passé, tu remarqueras que les lits sont plus courts que ceux auxquels nous sommes habitués. Une explication répandue est que les gens avaient pour habitude de dormir en position assise, pour avoir un meilleur accès à l’air frais, qui se trouvait au-dessus du “mauvais air”.

Les traités de médecine du XVIIème siècle nous apprennent que les gens relevaient leur tête et leur dos au moyen d’oreillers et de traversins, mais ils ne dormaient pas complètement debout. Ils se reposaient en pente douce de la tête vers l’estomac, ce qui était censé faciliter la digestion. Cela peut sembler bizarre, mais si tu as déjà été à l’intérieur d’un hôpital, tu as dû remarquer que les lits sont conçus pour garder la tête haute. Et ces lits haut de gamme te permettent aussi de contrôler l’élévation de ta tête et de ton dos.

Certains oreillers semblent un peu plus durs qu’ils ne devraient l’être, mais ce n’est rien comparé à ceux utilisés dans l’Égypte ancienne. Les Égyptiens avaient leur propre idée du confort, et préféraient ceux en pierre ! Il s’agissait d’un simple appui-tête, composé d’une base plate et d’une section concave sur le côté supérieur, qui maintenait la tête surélevée.

Ainsi, les insectes et autres nuisibles ne se glisseraient pas dans la bouche, le nez ou les oreilles de la personne endormie. Par temps chaud, c’était aussi un moyen de laisser les courants d’air circuler sous la tête pour garder le dormeur au frais. Ces objets étaient faits de marbre, d’ivoire, de pierre, de bois et même de verre. Cela semble l’option parfaite pour ce fameux sommeil polyphasique : tu ne voudrais pas passer trop de temps sur un oreiller en marbre de toute façon...

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