Une histoire émouvante sur le destin à bord d’un train dans le froid de l’hiver

Il y a 5 ans

Les gens avec qui nous voyageons en avion, avec qui nous traversons la mer en bateau de croisière et avec qui nous observons des paysages pittoresques à travers la fenêtre du train ne semblent pas exister dans la vie réelle, vous ne trouvez pas ? Ce sont des voisins fantomatiques qui ne durent qu’un moment. Et pourtant, ce jour-là, quelque chose de différent s’est produit...

Sympa veut partager avec vous l’histoire tendre d’un de nos lecteurs, dans laquelle le destin a fait rencontrer deux personnes dans un train.

Quand tu t’y attends le moins

On rentrait chez nous avec le train à grande vitesse. Les wagons étaient pleins de familles et d’amis, de week-ends de plaisir, d’impressions, d’émotions et de rires envoutants.

De cette image parfaite, on remarque un homme et une femme assis face à face, comme deux icebergs au milieu d’un océan de bonheur, de discussions familiales et de rires d’enfants.

Il regardait son écran d’ordinateur, elle lisait un roman. Ils devaient avoir 35 ans.

Elle se leva pour ranger son sac dans le compartiment supérieur. Pendant ces quelques secondes, il l’analysa des pieds à la tête puis redirigea ses yeux vers son écran.

Il sortit son téléphone et discuta avec quelqu’un. Il parlait de façon chaleureuse et détendue. C’était évident qu’il ne s’agissait pas d’un appel professionnel. Pendant tout le temps qu’il resta au téléphone, la jeune femme ne lisait plus, elle ne tournait plus les pages, elle avait les yeux fixés sur le coin du livre et écoutait attentivement la conversation.

Il termina l’appel par “D’accord mon pote, embrasse Gaby et les enfants pour moi !”. La jeune femme sortit immédiatement de son rôle d’espionne et se détendit contre le dossier de son fauteuil. Mais elle s’étendit tellement qu’elle toucha accidentellement le pied de son voisin sous la table.

“Pardon...” dit-elle à voix basse et en rougissant. “Ce n’est pas grave” répondit-il en appuyant sa réponse d’un regard avenant. Un contact visuel s’est alors installé et dura 5 à 7 secondes.

La personne chargée de la nourriture et des boissons est arrivée.

“Thé noir”, “café au lait” ont-ils commandé en même temps, en se regardant d’une manière gênée et timide tout en cédant la parole à l’autre.

La femme sortit 100 dollars de son portefeuille mais l’employé secoua la tête en s’excusant de ne pas avoir la monnaie suffisante.

“Faites le total du thé et du café et je paye pour les deux.”

Pendant les 10 minutes qui ont suivi, ils burent leurs boissons chaudes bercés par le mouvement du train et le bruit des roues contre les rails, chacun regardant respectivement son ordinateur et son livre.

Il était évident que la glace était sur le point de se briser. On sentait l’atmosphère printanière qui flottait dans les airs.

La jeune femme, pensive, pliait et dépliait le coin inférieur de la page sur laquelle elle bloquait depuis bien trop longtemps, tout en observant son voisin de voyage par-dessus son roman. Et puis, elle se lança.

“Vous partez en voyage d’affaires?”, demanda-t-elle en signalant du regard les articles de voyages son voisin : costume, ordinateur et un petit sac d’affaires personnelles.

“Non, non, je rentre chez moi !” répondit l’homme avec précipitation comme si le reste de sa vie allait dépendre de sa réponse. Et c’était peut-être le cas.

“Moi aussi je rentre chez moi ! Je suis partie rendre visite à ma sœur et mes neveux.” confessa la jeune femme. “C’est toujours sympa de se retrouver en famille et d’échapper au quotidien du boulot-métro-dodo.”

“À qui le dites-vous !” acquiesça l’homme qui semblait tout à fait d’accord. Ils se regardèrent fixement l’un l’autre.

Dans le couloir du train, d’un pas plutôt incertain, un bambin d’à peine un mois faisait clairement ses premiers pas. Il avait l’air ravi d’avoir pu échapper à sa mère et de s’en être éloigné de quelques mètres. Allez, tu peux le faire, concentre-toi ! Mais il trébucha et s’envola dans l’allée. Les réflexes et les mains gracieuses de la jeune femme le sauvèrent de la catastrophe.

Le bébé riait aux éclats comme s’il était fier de son petit tour, et sa mère accouru aussitôt pour le ramener à son siège.

“Quels réflexes ! On voit que vous avez de l’expérience !” s’exclama l’homme sans dissimuler son admiration.

“Non” répondit la jeune femme d’une voix légèrement triste. “Je n’ai aucune expérience... Mais je ne demande qu’à apprendre !”

L’homme et la femme rirent timidement mais sincèrement, comme deux bons enfants qui savent parfaitement qui a volé les friandises mais qui ne le diront à personne.

Le billet de train de la jeune femme était posé sur la tablette.

“Véronica” lit le jeune homme d’une voix claire et audible. La jeune femme sourit et rougit, comme si on lui avait fait un compliment.

“Alexandre”, dit-il en tendant la main. “Je peux vous montrer mon billet si vous voulez !”.

Véronica et Alexandre rirent à nouveau tout en se serrant la main sans vouloir se lâcher.

Le reste du chemin passa très rapidement, ils parlèrent de tout et de rien. Le train arrivait à destination.

Dans le wagon, on sentait l’agitation de l’arrivée, les parents ordonnant aux enfants de ne rien oublier, d’arrêter de jouer et de bien se couvrir.

Veronica et Alexandre se dirigèrent vers la sortie.

“Vous êtes attendue ?”, demanda Alexandre d’un ton que l’on voudrait qualifier d’important.
“Non”, répondit-elle d’un souffle.
“Je vous donne un coup de mains avec vos bagages ?”.

Alexandre prit son petit sac sur l’épaule et tira sa valise jusque dans le hall d’entrée pendant que Véronica le suivait deux pas derrière en arrangeant sa coiffure.

Leur voyage en terre chaude et inconnue les mena aux portes du froid hivernal de janvier. Elle, elle ne croit pas aux contes de fées. Elle croit en l’amour.

Que penses-tu de cette histoire ? Crois-tu que les personnes sont faites pour se rencontrer ou se croisent par pur hasard ? Dis-nous ce que tu en penses dans la section des commentaires ci-dessous !

Photo de couverture hazelog / gettyimages
Illustrateur Leonid Khan pour Sympa

Commentaires

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Wtf.. Vous êtes tous des bots en fait.
Commentaires inutiles et (presque) toujours dans le même ordre.

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