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Les 9 idées obsolètes et dangereuses, que nous mettons toujours dans la tête de nos enfants

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Nous voulons tous que nos enfants soient heureux et qu’ils réussissent dans leur vie. Pour cela, nous adoptons pour les élever des idées que nous considérons essentielles à la réalisation de tout ce qui mène au succès. Nous leur apprenons qu’il faut obéir aux adultes, se concentrer sur les études, et nous ne nous doutons même pas que de tels conditionnements peuvent jouer contre eux dans l’avenir. Certains préceptes populaires se sont déjà avérés dangereux pour la jeune génération. Alors, à quoi devons-nous nous attendre dans 10 ou 20 ans ?

La rédaction de Sympa est persuadée que les problèmes modernes nécessitent des solutions modernes. C’est pourquoi nous avons listé quelques idées obsolètes, qu’on devrait arrêter d’imposer à nos enfants ; nous avons expliqué, quelles peuvent être les conséquences de ces mauvaises idées ; et nous avons préparé quelques conseils utiles.

1. " Mon enfant a tout ce qu’il y a de mieux "

Élever un enfant gâté est un jeu d’enfant. Fredric Neuman, Ph.D., et directeur du Anxiety & Phobia Treatment Center (Centre pour l’anxiété et la phobie), explique que le signe révélateur d’un enfant gâté, est son indifférence aux désirs des autres : “Il veut ce qu’il veut, quand il le veut”. Quand vous cédez à tous les caprices de votre progéniture, vous ne lui faites aucune faveur. En grandissant, cet enfant deviendra son propre ennemi : la dépendance, l’irresponsabilité, les mauvaises habitudes de communication, l’égoïsme et la consommation exagérée, rendent souvent ces personnes malheureuses.

La meilleure solution serait d’établir des limites précises, de définir les responsabilités de l’enfant, de faire attention à ses manières et son comportement, et de ne pas tolérer une attitude irrespectueuse envers lui-même et les gens autour de lui. Ce serait bien également de lui apprendre à aimer le travail physique et lui faire comprendre la valeur de l’argent. Un moyen de le faire, par exemple, serait de l’aider à trouver son premier emploi.

2. " Toujours obéir aux adultes "

Les parents rêvent souvent que leur enfant soit toujours sage. Mais ils ne se rendent pas compte que la soumission incontestée peut causer du tort à l’avenir. La psychologue et auteure du livre Peaceful Parent, Happy Kids, Laura Markham suppose que les enfants obéissants deviennent les adultes obéissants.

Ces adultes sont beaucoup moins capables de se défendre, et bien plus susceptibles de devenir les victimes des manipulateurs et des personnes malhonnêtes. Ils exécuteront aveuglément des ordres, sans rien remettre en question et sans assumer la responsabilité de leurs actes. C’est pourquoi il est très important d’apprendre à votre enfant à dire “non” et à exprimer son opinion.

3. " Un 10/10 est une bonne note, le reste n’est pas bon "

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Imposer à l’enfant le complexe du bon élève, c’est le rendre névrotique pour le reste de sa vie. La meilleure chose que les parents peuvent faire, est d’expliquer à leur enfant que ses échecs n’affectent en rien leurs relations, et qu’il sera toujours entendu et aimé.

D’après une psychologue clinicienne Christina DesMarais, un échec est bénéfique pour les enfants à plusieurs égards : il leur apprend à gérer une situation négative et leur donne une expérience de vie qui permettra dans l’avenir d’aborder les problèmes difficiles sans crainte de l’échec. Cela pourrait expliquer les histoires de personnes qui ont réussi dans la vie et qui n’avaient jamais eu de bonnes notes et celles qui ont obtenu des résultats scolaires exceptionnels et qui ne se sont pas bien adaptées à la vie. Les premières sont capables d’affronter n’importe quoi et se battre pour atteindre un objectif. Les dernières n’essaient souvent pas parce qu’elles ont peur de l’échec.

4. " Ne te bats pas, sois gentil avec les autres "

Une personne doit savoir se défendre. Si on apprend à l’enfant qu’il ne peut en aucun cas attaquer une autre personne, il va toujours se taire et supporter tous les outrages. À l’avenir, il ne s’intégrera pas dans un environnement concurrentiel.

Mais lui apprendre à agresser tous ceux qui le regardent de travers, est aussi un peu radical, et il faut savoir l’éviter. Comment faire face aux brutes ? L’attaquer à coups de poings ou se limiter à une communication verbale ? Les débats sur cette question ne s’arrêtent pas, mais les psychologues s’accordent sur un point : l’enfant doit savoir qu’il a le droit de se défendre. Si vous lui apprenez à répliquer, ce sera un vrai cadeau pour la vie.

5. " Ton rôle est de bien étudier, et je m’occuperai du reste "

Laisser votre enfant se concentrer sur une seule tâche importante pendant que vous faites tout le reste pour lui n’est pas la meilleure approche. Une personne doit savoir être multi-fonctionnelle, prendre des responsabilités dans tous les aspects de sa vie. Normalement, ce savoir-faire vient avec l’expérience, que l’enfant ne pourra pas acquérir si vous l’élevez dans une bulle surprotectrice.

Cela devient encore pire, quand les parents veulent protéger leur progéniture de tous les problèmes. L’immaturité et l’irresponsabilité de ces enfants deviennent souvent les principales caractéristiques de leur vie adulte.

6. " Va à la fac immédiatement après le lycée "

Si l’enfant ne sait pas encore ce qu’il veut devenir, il choisira probablement la variante proposée par ses parents. Ce choix peut devenir une grosse erreur, qu’il va regretter bien des fois à l’avenir. Pour éviter cette situation, il vaut mieux ne pas faire pression sur un adolescent pour qu’il choisisse une carrière le plus tôt possible ; il vaut mieux lui donner une chance de décider par lui-même des projets de vie qu’il veut pour son futur.

C’est précisément pour ça que dans certains pays, la pratique de gap year, l’année sabbatique est très populaire, entre la fin du lycée et l’entrée à la fac. Pendant cette période les jeunes étudiants peuvent travailler, faire un stage, des formations, mais le plus important c’est qu’ils peuvent prendre une pause et réfléchir tranquillement au choix d’une profession.

7. " Seul l’enseignement supérieur compte "

Bien évidemment, les études supérieures sont nécessaires quand il s’agit de métiers comme l’aéronautique ou le génie civil. Mais l’écart de rémunération entre les employés avec et sans diplôme collégial est discutable. Tout dépend du pays, de la demande sur le marché du travail, du prestige de l’école, et, bien sûr, des compétences de la personne elle-même. Par exemple, aux États-Unis, les médecins occupent la première place dans le rang des professions les mieux rémunérées, ce qui n’est pas du tout le cas en Russie, où la situation des professionnels du secteur médical laisse à désirer.

Il y aussi une tendance, selon laquelle dans les industries bien rémunérées (beauté, IT, cinéma) le diplôme est beaucoup moins important que les compétences personnelles et l’expérience. Il y a donc de plus en plus d’entrepreneurs, d’artisans et de professionnels qui n’ont pas terminé leurs études universitaires.

8. " Le job va distraire de l’école/ de la fac. Il faut se concentrer sur les études "

Il n’est pas obligatoire d’obtenir un diplôme universitaire avec mention très bien, mais les stages ou les jobs offrent de nombreux avantages. En travaillant dès leur jeune âge, les adolescents apprennent à respecter les horaires, à établir des listes de tâches et recevoir les commentaires d’un supérieur. Aujourd’hui, les employeurs savent, à quel point avoir eu un job étudiant est précieux, c’est pourquoi mentionner cette expérience dans le CV peut devenir l’un des atouts majeurs et distinguer le jeune parmi d’autres candidats.

D’après les experts, 65% des écoliers d’aujourd’hui seront employés dans les domaines et professions qui n’existent pas encore. C’est pourquoi il est important non seulement d’avoir certaines connaissances, mais aussi d’avoir des compétences en communication, en travail d’équipe, en pensée critique et en autonomie.

9. " Quelqu’un le décidera à notre place "

Certaines personnes attendent toujours que quelqu’un d’autre décide de tout à leur place. Ils apprennent à leurs enfants à ne pas se faire remarquer, ne pas trop parler, ne pas faire le travail de l’autre. Quelle est la conséquence de tout ça ? Probablement, ces enfants vont devenir des adultes indifférents et ils ne pourront pas (ou ne voudront pas) exprimer activement et défendre leurs propres intérêts. Mais la question n’est pas seulement dans l’intérêt d’une personne, mais aussi dans un altruisme sain : nous ne devons pas rester indifférents les uns envers les autres.

L’attitude “ce n’est pas mon problème” ne fait honneur à personne. Nous ferions mieux d’expliquer à l’enfant les détails du fonctionnement de la société, des systèmes politiques et sociaux, lui parler de l’environnement et de la richesse de la nature. Plus il y aura de gens inspirés, motivés et passionnés, plus il y aura des percées scientifiques, des projets sociaux et des initiatives écologiques. Le monde deviendrait meilleur.

A votre avis, quels stéréotypes et idées dangereuses manquent dans cette liste ?

Illustrateur Igor Polushin pour Sympa
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