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9 thèmes délicats que les enseignants aimeraient tellement pouvoir aborder en tête à tête avec les parents

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Aujourd’hui, la relation entre parents et enseignants a beaucoup changé. Les parents ont souvent tendance à contrôler l’ensemble du processus d’apprentissage et à avoir de plus en plus d’exigences à l’égard des enseignants. Bien sûr, chaque professeur est différent, mais la plupart d’entre eux adorent leur travail. Et lorsque, ils doivent gérer, d’une part, la pression des parents qui veulent que leur enfant fasse l’objet d’une attention exclusive et, d’autre part, les exigences de l’école qui changent sans cesse, les enseignants n’ont qu’une seule issue : s’exprimer.

L’auteure de cet article de Sympa est enseignante dans une école primaire et, en collaboration avec ses collègues, elle a quelques petites choses à recommander aux parents en cette rentrée scolaire.

1. Laisse ton enfant comprendre ce qu’il veut par lui-même

Il est fréquent que les parents aient de grandes ambitions — les leurs, en général — pour leur enfant. Ils le voient volontiers prix Nobel de neurobiologie, à la tête de la Cour internationale de justice des Nations Unies, avec une médaille olympique en natation, mais pas comme une personne qui aime “juste” les sciences sociales et humaines par exemple. En conséquence, face à cette pression, le jeune rejette ce qu’il aime le plus et essaie de réaliser les ambitions de ses parents.

  • Les parents ne doivent pas changer l’enfant. S’il se sent à l’aise dans le dessin ou dans un autre domaine qui est “peu prometteur” selon vous, donnez-lui l’occasion de prouver sa valeur. Et peu importe qu’il y ait des médecins/ingénieurs/économistes dans la famille (choisissez celui qui correspond) et qu’il ne puisse pas perpétuer la tradition professionnelle. Gagner ta vie en faisant ce que tu aimes le mieux est un bien des plus précieux.

2. Pour obtenir ce que tu veux, tu risques de négliger la santé de ton enfant

Les parents ne perçoivent souvent pas les premiers symptômes de fatigue et d’épuisement nerveux de l’élève : colère, sautes d’humeur, manque de sommeil.Pourtant, l’irritabilité ou la mauvaise humeur chez les enfants peuvent être souvent perçues par les adultes comme de mauvaises manières et un manque de respect pour les personnes âgées. Cependant, les médecins ont découvert que les enfants peuvent développer une véritable dépression clinique.

  • Pour éviter cela, fais bien attention aux changements de comportement de ton enfant, s’il ne s’agit pas de cas isolés, mais répétés et/ou prolongés.

3. L’enseignant n’est pas disponible 24 heures sur 24

Préoccupés par les succès et les échecs de leur enfant, les parents ne comprennent pas toujours que l’enseignant ait aussi une vie personnelle. La disponibilité des services de messagerie instantanée tels que WhatsApp, par exemple, crée l’illusion que le professeur est toujours disponible. Et si il/elle ne répond pas à un appel ou à un message en dehors de son horaire de travail, alors il/elle court le risque d’être traité(e) de “personne peu consciencieuse”.

  • Il est important de se rappeler que l’enseignant peut et doit se déconnecter du travail en dehors de l’école. Il ne doit pas avoir en permanence à l’esprit les problèmes de chaque enfant et devoir expliquer pourquoi telle ou telle décision a été prise lors d’une réunion pédagogique.

4. Les parents devraient être les premiers à assister aux réunions pédagogiques : elles sont faites pour eux

Il arrive souvent que les réunions pédagogiques réunissent toujours les mêmes parents mais pas tous ceux qui y sont invités. Il est indéniable qu’après une longue journée de travail, il n’est pas facile pour les adultes de trouver la force d’aller dans une école et d’écouter une conversation. Mais sans leur participation, il est impossible de résoudre les problèmes qui se posent.

  • Un enseignant : “Les parents ont un jeu préféré : ne pas assister aux réunions et me demander ensuite ce qui était à l’ordre du jour et quelles sont les réussites et les faiblesses de leurs enfants. Je leur dis toujours ceci : s’ils veulent connaître l’environnement de la classe et avoir leur mot à dire dans la prise de décision, ils devraient venir et participer à la réunion. Pendant la pause entre les cours, je n’ai pas toujours le temps de parler de tout en détail et en profondeur.”

5. S’il est surprotégé, l’enfant n’apprendra pas à être autosuffisant

Les parents surprotègent souvent leurs enfants et ne leur imposent pas d’obligations élémentaires. Par conséquent, les élèves ne savent absolument pas comment être indépendants. Il est plus facile pour un adulte de passer une minute à préparer un sac à dos que d’inculquer à son enfant une attitude responsable dans ses tâches quotidiennes.

  • En psychologie cognitive, il y a un alignement visuel : pour que l’enfant apprenne à se responsabiliser, il est essentiel qu’il ait un modèle de comportement à imiter. Par conséquent, sois un exemple à suivre pour ton enfant et son sens de la responsabilité se développera petit à petit.
  • Par ailleurs, il est très important d’attirer l’attention de l’enfant sur les conséquences de ses actes : en préparant son sac la veille au soir, il n’est pas aussi pressé le matin, il n’oublie plus sa trousse, et n’a plus besoin de demander d’emprunter des choses à ses camarades de classe.

6. L’éducation physique améliore la santé, il ne faut pas chercher des moyens de l’éviter

La situation actuelle du sport est réellement désolante. De nombreux parents décident eux-mêmes si leur enfant assistera ou non aux cours d’éducation physique et, pour justifier l’absence en classe, ils fournissent aux enfants des mots ou des certificats médicaux obtenus sans raison objective. Par conséquent, les élèves ont des déficits en activité physique, aucune agilité, aucune endurance, mais ont revanche, ont toutes les chances de développer une scoliose ou de devenir obèses.

  • Pour éviter une déviation de la colonne vertébrale, il ne faut pas priver l’enfant d’un cours qui peut apporter de multiples bienfaits. Le sport est nécessaire. Habitue ton enfant à faire des activités physiques le matin, fais en sorte que son matelas soit modérément dur. Si l’enfant n’a pas de problèmes avec ses oreilles, la natation est le meilleur sport qu’il puisse faire. Assure-toi que le bureau à l’école et à la maison est à la bonne hauteur.

7. L’insolence n’est pas la meilleure chose que tu puisses apprendre à ton enfant

Certains parents, pour une raison ou une autre, encouragent leurs enfants à défier leurs enseignants. Mais il y a une différence entre “ne pas avoir honte devant le professeur” et “être grossier avec le professeur”. Ce petit n’avait pas peur peur de dire “Casse-toi” à son prof parce qu’il savait qu’il serait juste un peu grondé pour cela, alors qu’aux yeux de ses camarades de classe, il deviendrait un héros. Ce comportement est le plus souvent pratiqué par les Terminales : ils quittent l’école pour toujours et croient donc pouvoir tout se permettre.

Un professeur de physique : “Après un examen, un élève du lycée, en colère contre moi pour une mauvaise note, m’a crié : ‘Idiote !’ Les autres élèves ont ri tout haut. Quand j’ai invité le père de ce garçon à en parler, il a dit mot pour mot : ‘Ne le prenez pas mal, mon petit est en train de grandir.’”

  • L’enfant est encore trop jeune pour comprendre la complexité des relations comportementales. Quand tu dis : “n’aie pas peur du professeur”, il peut penser que “n’aie pas peur” signifie “sois grossier”. Explique bien les nuances, passe en revue les différentes situations avec lui.

8. Il est peu probable que les blogueurs/influenceurs montrent un bon exemple à leurs jeunes adeptes

Les enfants essaient d’imiter ceux dont ils reconnaissent l’autorité, ceux qui leur semblent libres et “cools”. Aujourd’hui, ce sont souvent des blogueurs adolescents. C’est pourquoi, dans le vocabulaire des enfants modernes, nous retrouvons tant d’insolence et même de grossièretés. Les parents haussent les épaules et finissent par dire qu’ils ne peuvent pas contrôler tout ce que leur enfant voit sur les réseaux sociaux.

  • Il est absolument nécessaire de montrer un intérêt discret pour la vie virtuelle de ton enfant. Pose soigneusement quelques questions sur les personnes avec qui ton enfant communique et les applications qu’il télécharge. Propose-lui d’écouter de la musique “à la mode” ensemble. Les parents qui sont “à jour” font beaucoup plus confiance en leurs adolescents.

9. Fais en sorte que ton enfant se repose suffisamment après l’école

En raison d’un programme scolaire chargé, d’un grand nombre d’activités extrascolaires pour stimuler leur développement, et aussi parce que les téléphones/ordinateurs/tablettes ont remplacé la communication en direct, les enfants modernes n’ont pratiquement plus d’enfance. Ils n’ont plus le temps ni le désir de courir dans la cour de récréation et de jouer avec leurs camarades. Cela se produit aussi parce que les autres élèves sont aussi pris par leurs appareils électroniques.

  • Les experts recommandent ce qui suit : si l’élève est trop fatigué pendant les cours, il faut lui donner du temps pour un repos passif à la fin de la journée scolaire. Laisse-le regarder la télévision ou s’allonger sur le canapé pendant une heure. Mais si l’enfant est plein d’énergie, il a besoin d’activité physique. Et pour que les enfants ne se lassent pas de... se reposer, ils doivent changer la nature de l’activité : des jeux calmes aux jeux actifs et vice-versa.

Qu’on se le dise, si un enseignant exprimait tout cela directement aux parents, la relation serait tendue. Mais es-tu d’accord avec cet article et les opinions mentionnées ci-dessus ? Dis-nous ce que tu en penses dans la section des commentaires ci-dessous.

Illustré par Yekaterina Ragozina pour Sympa
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