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Les experts affirment que la procrastination est liée aux émotions, mais pas au temps

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Tu as un devoir à rendre aujourd’hui et tu n’as même pas commencé à travailler dessus ; tu dois payer tes impôts avant demain et tu ne t’en es toujours pas occupé. Procrastiner de temps en temps est courant mais peut être préjudiciable. On pensait jusqu’à récemment que le problème était dû à un manque d’organisation, mais les psychologues commencent à croire que la source de la procrastination se trouve en réalité dans nos émotions.

Sympa souhaite t’expliquer pourquoi on estime aujourd’hui que la procrastination est plutôt d’ordre émotionnel, et nous te proposons des conseils pour l’éviter.

Ce que l’on croyait être la procrastination

De l’avis général, la procrastination, ou le fait de remettre les choses à plus tard — notamment les responsabilités — est plus un problème de gestion du temps qu’autre chose. Selon ce point de vue, les individus qui procrastinent le font parce qu’ils n’ont pas calculé correctement le temps qu’il leur faudra pour accomplir leurs tâches et qu’ils ne font pas attention au temps qu’ils perdent en faisant d’autres activités.

Le remède serait alors de bien s’organiser, avec un emploi du temps et des horaires déterminés, et d’être plus conscient du temps qui passe, en s’appuyant notamment sur des rappels et des alarmes. Mais il s’avère que ce n’est pas tout à fait la bonne solution.

Comment la procrastination est aujourd’hui comprise

Le phénomène est sans doute davantage d’ordre psychologique qu’organisationnel. Depuis 2000, les experts ont commencé à revoir leurs hypothèses sur la procrastination. Plus récemment, le psychologue Tim Pychyl de l’Université de Carleton, et sa collègue Fuschia Sirois de l’Université de Sheffield, ont soutenu que la procrastination découle d’une difficulté à gérer non pas notre temps mais nos émotions.

Selon leurs recherches, quand la tâche que nous remettons à plus tard nous déplaît et produit en nous des sentiments négatifs, comme l’ennui ou l’anxiété, nous sommes alors enclins à faire quelque chose d’autre qui génère des sentiments positifs, comme regarder des vidéos sur internet ou même ranger un tiroir oublié depuis des années.

Et c’est logique. Nous savons pertinemment que nous devrions être en train de travailler, de réviser ou de faire le ménage. Nous savons exactement combien de temps une tâche donnée va nous prendre. Ce n’est pas que nous ne savons pas comment nous organiser : nous n’avons tout simplement pas envie de nous y mettre.

Mais il ne s’agit pas seulement de rechercher rapidement un sentiment positif. C’est aussi un problème de maîtrise de soi. Lorsque nous devons faire quelque chose, nous comptons sur notre maîtrise de soi pour nous encourager à le faire. Mais nous avons besoin de motivation pour nous inciter à agir. Lorsque des circonstances surviennent qui produisent des sentiments démotivants comme l’ennui, la peur de faire une erreur ou l’anxiété, ils peuvent prendre le pas sur notre motivation et nous pousser à procrastiner, parfois indéfiniment.

Les conséquences de la procrastination ne sont pas seulement des responsabilités non assumées, mais aussi un malaise psychologique : la culpabilité. C’est cet effet, d’ordre émotionnel, qui amène également les chercheurs à reconsidérer la procrastination comme un problème psychologique plutôt qu’une question d’ordre. En outre les procrastinateurs chroniques ont des niveaux de stress plus élevés, des symptômes de dépression et une satisfaction moindre.

“Cela n’a vraiment rien à voir avec la gestion du temps”, explique Joseph Ferrari, psychologue à l’Université DePaul. “Dire au procrastinateur chronique de simplement faire ce qui doit être fait reviendrait à dire à une personne cliniquement déprimée de s’enthousiasmer.”

Comment combattre la procrastination

Joseph Ferrari soutient que nombre d’entre nous ont déjà procrastiné à un moment ou à un autre, mais cela ne fait pas de nous tous des procrastinateurs. Les procrastinateurs chroniques devraient consulter un spécialiste pour remettre leur vie sur les rails. Mais pour ceux d’entre nous qui se surprennent de temps en temps à remettre les choses importantes à plus tard, voici quelques conseils :

  • Si c’est une tâche qui n’est pas urgente, prends du recul pour avoir une vue d’ensemble. Ce n’est peut-être pas nécessaire maintenant, mais cela t’aidera à atteindre les objectifs que tu vises à long terme. Payer tes impôts peut te sembler ennuyeux, mais si tu ne le fais pas, les conséquences peuvent être encore pires.

  • Si tu procrastines parce que tu ne sais pas par où commencer et que tu ne veux pas te sentir inutile, accepte que tout le monde peut avoir des doutes. Fais une liste de tes objectifs afin de savoir par où commencer, ou bien demande de l’aide à quelqu’un.

  • Si tu aimes faire quelque chose de plus amusant, c’est parce qu’il y a effectivement quelque chose de plus amusant à faire à ce moment-là. Prévois d’accomplir tes tâches rébarbatives à des moments où tu sais que tu n’auras pas de distractions pour les mettre de côté.

  • La peur de l’échec peut nous pousser à procrastiner. Si c’est le cas, il se peut que tu associes ta valeur à tes réalisations. N’oublie pas qu’il y a une différence cruciale, car tu es bien plus que tes succès : tu es ta personnalité, ton expérience, tes connaissances, les personnes qui t’aiment, tes hobbies, etc.

  • Si tu travailles mieux sous pression, c’est bien. Veille simplement à planifier tes objectifs et tes tâches de manière à ne pas te laisser entraîner inutilement dans la procrastination.

Comment parviens-tu à te concentrer et à t’attaquer à tes tâches de la journée ? Quels conseils donnerais-tu à ceux qui pratiquent la procrastination ? Partage ton expérience dans les commentaires.

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