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11 Tableaux dont l’étrange atmosphère ne te laissera pas de marbre

Parmi les œuvres des grands peintres, il y a des tableaux énigmatiques que l’on a du mal à quitter des yeux. À première vue, rien d’effrayant, mais si on les regarde attentivement, on en a des frissons, parce que les peintres de talent manipulent habilement notre perception : ils déforment délibérément les proportions, expérimentent la mise en scène et ajoutent des détails qui suscitent une vague inquiétude. Souvent, l’histoire du tableau influence aussi sa conception. Ainsi, des toiles apparemment inoffensives se chargent d’une signification nouvelle et bouleversante.

Chez Sympa, nous avons aujourd’hui déniché pour toi des tableaux d’artistes qui semblent avoir une relation avec l’au-delà.

Ivan Kramskoï, “Une somnambule” (1871)

Ivan Kramskoï, un maître du portrait, de la peinture de genre et historique, a représenté dans l’une de ses œuvres une jeune fille en chemise de nuit s’éloignant de sa maison, les yeux fermés. Que lui arrive-t-il ? L’état d’esprit de l’héroïne se reflète dans le titre du tableau, “Somnambule”.

Le somnambulisme est un phénomène qui se produit lorsque les gens font des choses inconsciemment durant leur sommeil. Les yeux du somnambule peuvent être ouverts, mais ils ont l’air vides et vitreux. En réalisant des toiles de genre, Kramskoï a estimé que le plus important était “le caractère, la personnalité qui, par nécessité, s’est mise en position de faire remonter à la surface tous les aspects du plus profond de soi”.

Henry John Stock, “Une lumière pâle et scintillante est apparue devant lui” (1879)

L’aquarelle spectrale de l’artiste britannique illustre une scène du récit sur les fantômes de Carl Theodor Körner, “La Harpe”. Il raconte l’histoire d’Edward et de Josepha, un couple de jeunes mariés qui aiment passer leurs soirées à jouer de la flûte et de la harpe. Mais le bonheur n’a pas duré longtemps, car Josepha est tombée malade et Edward s’est retrouvé veuf.

Dans son chagrin, Edward conserve la chambre telle qu’elle était quand Josepha était encore en vie, et une nuit, il y entre pour jouer de la flûte. Soudain, la harpe de sa femme se met à jouer toute seule dans une faible lumière vacillante. C’est ce moment que le peintre a représenté dans son tableau.

Alekseï Savrassov, “Forêt d’automne”. Kuntsevo. Un lieu maudit" (1872)

Le lieu représenté dans ce tableau se trouve à l’ouest de Moscou, sur un pic entouré de deux ravins. Essayant de comprendre les raisons pour lesquelles on le qualifie de maudit, le peintre s’est rendu à Kuntsevo.

Un certain nombre de légendes sont associées aux restes de l’ancienne ville de Kuntsevo. D’après l’une d’entre elles, l’église qui se trouvait ici a disparu en une seule nuit sans laisser de trace. Des bélemnites, fossiles familièrement appelés “doigts du diable”, peuvent également être trouvés dans les lits des cours d’eau près de la cité. L’artiste a traduit son impression vis-à-vis de ce lieu marécageux dans sa peinture.

Johann Heinrich Füssli, “Le Cauchemar” (1790–1791)

Il s’agit d’une série de quatre tableaux similaires. Selon une version, l’œuvre a été inspirée par des rêves à l’état de veille, ou des paralysies du sommeil de l’artiste. Füssli a découvert que ces expériences étaient liées à des croyances folkloriques, telles que les contes germaniques de démons et de sorcières qui viennent chercher les personnes dormant seules. C’est pourquoi la paralysie du sommeil est appelée “syndrome de la vieille sorcière” à Terre-Neuve.

Curieusement, le tableau a peut-être influencé Mary Shelley, l’incitant à écrire une scène particulière dans son roman “Frankenstein, ou Le Prométhée moderne”. Edgar Allan Poe a mentionné le peintre dans sa nouvelle “La chute de la maison Usher”, où le héros compare le tableau accroché dans la maison d’Usher avec l’œuvre de Füssli et raconte : “Quant aux peintures que couvait sa laborieuse fantaisie, et qui arrivaient, touche par touche, à un vague qui me donnait le frisson, un frisson d’autant plus pénétrant que je frissonnais sans savoir pourquoi”.

William Waterhouse, “La Dame de Shalott” (1888)

Le tableau de l’artiste préraphaélite s’inspire du poème d’Alfred Tennyson “La Dame de Shalott”, qui raconte l’histoire d’une jeune fille victime d’une malédiction : elle doit rester dans une tour sur l’île de Shalott et tisser un long tissu. Il lui est interdit de quitter la tour ou même de regarder par la fenêtre. Mais il y a un immense miroir dans la pièce qui reflète le monde qui l’entoure. Un jour, elle voit dans le miroir le reflet de Lancelot qui part à cheval à Camelot. La Dame se met à l’épier directement, ce qui déclenche une malédiction. La tapisserie se dévide et le miroir se brise.

L’héroïne comprend qu’elle a commis un acte irréfléchi et s’enfuit de la tour. Elle trouve un bateau au bord de la rivière, s’y assied et se met à chanter une chanson triste. C’est le moment que l’artiste dépeint. La jeune fille connaît son sort et sait qu’elle n’est pas destinée à aller à Camelot, où elle aurait pu trouver le bonheur et l’amour.

Marianne Stokes, “La Jeune fille et la Mort” (1908)

Ce tableau dépeint un ange lugubre sous la forme d’une femme qui parle à une jeune fille. La lanterne, l’aile qui enveloppe la malade et les fleurs tombées au sol laissent entrevoir la suite des événements et donnent à cette image de départ imminent son horreur aigüe et silencieuse.

Hugues Merle, “La folle d’Étretat” (1871)

En regardant cette œuvre, les fans de Twin Peaks penseront certainement à la dame à la bûche. En effet, le tableau de l’artiste français représente une femme aux pieds nus à l’air négligé près d’un puits, serrant dans ses bras une bûche comme s’il s’agissait d’un bébé. Une image apparemment sentimentale, mais Hugo Merle la transforme en une toile de désespoir total.

Le visage de la femme ressemble à un masque d’angoisse tandis qu’elle berce non pas un enfant endormi mais une bûche. Le peintre ne donne pas de réponse à la question de savoir si elle a perdu son enfant et le pleure ou si elle est folle de désir d’en avoir un.

Aksel Waldemar Johannessen, “La nuit” (1920)

Ce tableau a été réalisé par le peintre norvégien Aksel Waldemar Johannessen, dont les œuvres n’ont été reconnues qu’après sa mort. Ses peintures offrent un aperçu des abîmes bouleversants de l’existence humaine. La toile " La nuit" dégage un sentiment de désespoir, d’impuissance et de morosité. L’artiste décrit la nuit comme un moment de cauchemars, d’hallucinations et de solitude humaine sans limites.

Odilon Redon, “L’Araignée qui pleure” (1881)

Cette peinture au fusain du symboliste français Odilon Redon appartient à la période dite “noire” de son art. Enfant, l’artiste souffrait de fréquentes crises d’anxiété et de mélancolie. Il était fasciné par le subconscient humain et ses peurs, ce qui se reflète parfaitement dans ses œuvres.

Victor Borissov-Moussatov, “Les Fantômes” (1903)

Victor Borissov-Moussatov était considéré comme un maître des “maisons de nobles”. Cette peinture représente un paysage avec la façade sud du manoir de la famille Galitzine (“Zubrilovka” en russe). Il y a comme un air d’adieu et de mélancolie dans cette œuvre. L’artiste regarde le monde derrière un voile translucide, et la disposition asymétrique des personnages crée une impression de spontanéité dans leur mouvement.

Selon la sœur du peintre, il a expliqué que c’était comme si, avec le manoir vide, “tout s’effaçait”. C’est pourquoi le premier plan du tableau est constitué de figures fantomatiques de femmes qui s’éloignent.

Valentin Serov, “La Jeune Fille aux pêches” (1887)
Mikhaïl Vroubel, “Tamara dans la tombe” (1891)

Quand Valentin Serov a peint Vera Mamontova, elle avait 12 ans. “La Jeune Fille aux pêches” est son portrait le plus célèbre. Verucha (comme l’appelaient les amis de sa famille) a également été peinte à de nombreuses reprises par Viktor Vasnetsov. Mais son portrait le plus tragique est celui de Mikhail Vrubel, qui a pris Vera Mamontova comme modèle pour illustrer le poème “Le Démon”, de Mikhaïl Lermontov. Il a peint la Tamara de Lermontov dans une aquarelle noire et sinistre. Ce tableau a en quelque sorte prédestiné le sort de Verucha, qui est décédée jeune, à l’âge de 32 ans.

Alors, laquelle de ces peintures te donne le plus la chair de poule ? Et toi, connais-tu d’autres tableaux vraiment étranges ? N’hésite pas à nous donner ton avis dans les commentaires !

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