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J’ai grandi dans une famille très riche et je veux vous raconter comment mon enfance a influencé ma vie

Je suis née dans la famille d’un chef d’entreprise multimillionnaire russe et j’ai été entourée de luxe et d’attention dès ma plus tendre enfance. Les gens parlaient derrière mon dos, faisaient des blagues sur moi et mon entourage, mais en fait, ils rêvaient tous secrètement de mener une vie comme la mienne. Peu d’entre eux comprennent qu’une vie aisée est en fait très différente de ce que l’on croit à première vue.

Spécialement pour les lecteurs de Sympa, je vais raconter les secrets de la vie des riches et expliquer à quoi doivent faire face près de 99 % des personnes qui ont beaucoup d’argent.

Je ne pouvais pas aller à l’école avec “le commun des mortels”, mais même dans la meilleure école de notre ville, j’étais tout le temps surveillée

Mes grands-parents et moi vivions dans une énorme maison dans une banlieue chic, et j’allais étudier dans une petite école de notre région. Quand j’étais petite, j’adorais aller à l’école et revenir à la maison dans ma Mercedes Geländewagen noire, car j’avais l’impression d’être une princesse avec sa propre petite escorte. Mais lors de mes études au lycée, les gardes du corps qui me tenaient toujours compagnie dans la voiture m’ont rendu la vie drôlement difficile : ils surveillaient sans cesse l’école et faisaient le tour de l’établissement pendant que j’étudiais. Ce n’était pas vraiment discret...

Quand mes amis (des enfants de députés, des plus célèbres journalistes et des hommes d’affaires) s’éclipsaient discrètement de la cour pour passer du temps avec des adolescents ordinaires et faire des choses de leur âge — fumer, boire des trucs bizarres, ce genre de choses que font les jeunes — je commençais à tous les détester : eux et mes gardes du corps. J’ai quelques fois essayé de grimper par-dessus la clôture de l’école ou de me glisser hors de l’établissement sans être vue, mais j’étais toujours interpellée par mes surveillants.

Certains enseignants m’adoraient, d’autres, au contraire, me détestaient. Un jour, j’ai rapporté à ma prof principale et à mon enseignante préférée des petits cadeaux : de délicieux chocolats belges. La professeure de mathématique a été vexée et l’a pris comme une insulte personnelle : je ne lui avais rien rapporté à elle. Ensuite, elle ne m’a plus jamais mis de notes supérieures à 17/20, et pour mon examen final, j’ai carrément obtenu un 14/20 — vraiment pas une bonne note pour moi.

En revanche, la professeure de géographie m’adorait : elle ne me mettait que de bonnes notes et était toujours disponible pour regarder les photos que je faisais lors de mes voyages. Bon, cela dit, ça ne faisait pas d’elle la meilleure des enseignantes : après la fin de mes études au lycée, je suis allée voyager en Europe pendant un mois et j’y ai fait la connaissance de touristes brésiliens. Nous avons beaucoup parlé et avons passé du bon temps ensemble, jusqu’à ce que je leur demande : “Mais quelle est donc la capitale du Brésil, au fait ?”. Mes nouveaux amis m’ont lancé un regard très étonné et j’ai alors compris que je n’avais aucune connaissance sur les pays étrangers. J’ai tout de suite repensé à ma prof de géographie et aux bonnes notes qu’elle me mettait les yeux fermés.

Enfant, je ne voyais mes parents que trois ou quatre fois par an

Mes parents avaient leur propre société en Allemagne et ils n’avaient pas assez de temps pour m’élever. Heureusement, dans ma ville natale, j’avais grand-mère et grand-père, mes gardes du corps et une école où j’étudiais dans ma langue maternelle. Maman et papa ne me rendaient visite que lors de mes vacances, durant lesquelles nous voyagions en famille. Je regrette tellement que ces instants aient été si courts : je ne voulais jamais que cela se termine. Un jour, je me souviens avoir caché le passeport de ma mère durant nos vacances à Londres : à l’époque, je n’avais que 8 ans et je rêvais juste de ne pas la quitter et de vivre avec elle en Angleterre. Mon stratagème m’avait semblé génial. Pas à eux. J’ai tout avoué à mes parents 6 heures avant notre départ, et quand nous sommes arrivés à la maison, j’ai reçu ma première et ma dernière fessée.

Mes parents essayaient toujours de passer les fêtes de fin d’année avec moi, mais une fois, ils n’ont pas pu le faire : ils avaient beaucoup trop de travail. C’est pour ça que j’ai fêté l’arrivée de l’année 2005 en compagnie de ma gouvernante, à Paris. Le 3 janvier, mes parents ont pris l’avion et m’ont offert un beau cadeau pour se faire pardonner : un appareil photo professionnel Canon qui coûtait $ 1 500.

Quand papa et maman faisaient des erreurs, ils m’offraient toujours quelque chose de cher, et à 16 ans, j’avais une armoire remplie des derniers vêtements de créateurs à la mode et les derniers gadgets technologiques. J’ai vite compris qu’un beau cadeau peut régler n’importe quelle situation. Maintenant que je n’ai plus d’argent pour acheter ces cadeaux, je suis obligée de m’excuser auprès des autres, que cela me plaise ou non.

Je vivais toujours sous surveillance, donc ma jeunesse n’a pas été si heureuse que cela

Non seulement je ne pouvais pas choisir mes activités extrascolaires, mais pas mon cercle d’amis non plus : ces derniers devaient être soit de mon école, soit de notre village. Un jour, mon grand-père m’a emmenée voir le match d’une équipe de football locale. Je ne comprenais rien au jeu, mais l’ambiance dans les tribunes était si intense, que j’ai eu une énorme envie de me joindre à ces gens, de mettre une écharpe colorée, et de crier avec eux : “Buuut !”

Lors de la mi-temps, pendant que mon grand-père était au téléphone, je me suis approchée d’un groupe de fans et je les ai complimentés sur leur beau drapeau. Ils l’avaient dessiné eux-mêmes. J’étais émerveillée ! Nous avons un peu parlé et avons échangé nos numéros. Plus tard, j’ai décidé d’inviter mes nouvelles connaissances à mon anniversaire. Quand Paul et Vicky sont entrés dans le café où avait lieu la fête, les vigiles les ont jeté dehors, et le t-shirt avec le symbole du club de football qu’ils m’avaient offert a atterri direct à la poubelle : mon grand-père l’a détesté.

À cause de mon manque d’indépendance, je n’ai su prendre de bonnes décisions que beaucoup plus tard que les autres

Ma première relation n’a commencé qu’à 17 ans. Avant cet âge, on m’interdisait de me promener seule ou même avec mes camarades de classe, et tout s’arrêtait donc après quelques messages et conversations virtuelles. Donc, après avoir commencé à sortir avec le fils d’un photographe de mode (il vivait dans le voisinage), je suis immédiatement tombée sous son influence. Mais j’étais heureuse de pouvoir maintenant aller au cinéma ou au parc d’attractions avec un vrai garçon !

Les gardes du corps nous suivaient et ne nous lâchaient pas ne serait-ce que pour une seule minute, même quand nous nous disions au revoir près de nos maisons. J’avais terriblement honte et j’étais en même temps très en colère, et c’est pour ça que lorsque mon petit ami m’a proposé de s’enfuir du bal de promo, j’ai accepté sans réfléchir et nous avons commencé à élaborer notre plan.

Lors du bal, les gardes se sont détendus et se sont laissé emporter par le spectacle sur scène. Nous avons alors profité de cet instant d’inattention pour nous glisser vers la sortie de secours dont peu de gens connaissaient l’existence. Dans l’arrière-cour, mon copain m’attendait déjà sur sa moto Ducati et nous avons quitté la ville. Mon grand-père a alerté toute la police et l’école était sens dessus dessous : on me cherchait dans toute la région.

La fête a été gâchée : les élèves ont vite reçu leur diplôme, mais on ne les a pas laissés sortir du bâtiment de l’école tant que je n’étais pas revenue. Comme cadeau de fin d’année, mon grand-père m’avait promis d’organiser un feu d’artifice que tous mes camarades attendaient avec grande impatience, mais à cause de mes actes, tout a été annulé. En fait, une demi-heure après notre fuite, la police nous a arrêtés à 30 kilomètres de la ville et m’a renvoyé à la maison dans ma grosse limousine.

Après avoir terminé mes études de journalisme, comme mes grands-parents le souhaitaient, j’ai commencé à travailler, mais j’ai vite démissionné

Bientôt, mon grand-père a quitté son travail et est retourné dans son pays natal, en Allemagne, mais il m’a d’abord acheté un appartement en centre-ville. Après mes études, il s’est arrangé pour que je trouve un emploi dans une chaîne de télé locale en me pistonnant. D’abord, j’ai pensé que c’est une excellente idée, mais mon enthousiasme s’est vite calmé quand j’ai compris que je ne devrais pas seulement sourire devant la caméra, mais que j’allais aussi devoir voyager dans des villages très éloignés, faire des reportages sur des expositions d’art ennuyeuses et monter des sujets pour la télé jusque tard dans la nuit.

Dans notre bureau, nous devions suivre des règles assez étranges : nous étions quatre à y travailler, et chacun devait apporter le déjeuner à tour de rôle. Premièrement, je n’ai jamais compris pourquoi. Deuxièmement, personne ne m’a appris à cuisiner et j’étais donc obligée de commander de la nourriture à l’avance, la placer dans plusieurs boîtes en plastique et l’emporter au bureau en prétendant que c’était moi qui l’avais préparée. Vraiment bizarre, non ? Deux mois plus tard, j’ai tout simplement arrêté de venir au boulot : j’en avais marre de rentrer chez moi à 22:00, de nourrir tout le monde toutes les semaines, et de devoir parler avec des gens qui oubliaient parfois de se laver.

Je n’ai pas travaillé pendant près de deux ans et j’ai rattrapé le temps perdu, en essayant de comprendre ce que je voulais faire de ma vie

Quand je me suis enfin libérée de cet emploi, j’ai décidé de découvrir le vaste monde, celui qui palpite en dehors de la maison de mon grand-père et des murs gris de mon bureau. J’ai essayé tout ce qui m’était interdit il y a encore quelques années : les boîtes de nuit et les country-clubs, le ski et le saut à l’élastique. Un jour, je me suis même rendue à un match en compagnie de fans de football, mais ça m’a vite déçue : un bus étroit, des gens grossiers qui ne savent parler que de football et de tout ce qui le concerne. C’était franchement super ennuyeux.

Je n’ai pas non plus oublié ma vie privée : les hommes s’intéressaient vraiment à moi et étaient prêts à tout. Pour m’amuser, j’ai même inventé des épreuves pour tester leur motivation : j’ai proposé à l’un d’eux de faire le tour du pays en stop, mais après quatre villes, ce malheureux est rentré en train parce qu’il avait perdu ses documents en route. J’ai forcé le deuxième à teindre ses cheveux et à se faire un tatouage sur tout le dos. Quant au troisième, je le trompais parce qu’il était beaucoup trop possessif.

J’ai constaté que pour atteindre un certain niveau financier, certaines personnes sont prêtes à renoncer à leurs principes et suivre à la lettre ce qu’on leur dit de faire. C’est pourquoi j’ai évité d’avoir toute relation pendant un certain temps, et je me suis donné un nouvel objectif : me trouver des amis. Je les ai cherchés dans ma ville natale, mais en vain : les conversations avec mes nouvelles connaissances étaient pour le moins ennuyeuses.

Ces gens pensaient surtout à comment arriver à passer le mois avec un salaire de 800 euros. Moi, je me demandais plutôt comment passer ma soirée : allez dans un restaurant chinois ou dans un bistrot français. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus d’amis à l’étranger : là-bas, ils ne sont pas autant préoccupés par la résolution de problèmes financiers, notamment parce que leur niveau de vie est plus élevé. De plus, ils sont beaucoup plus ouverts en termes de communication.

Aujourd’hui, j’ai 27 ans et je ne sais toujours pas qui je veux être quand je serai grande

Mon grand-père est mort il y a quelques années. Quand mes parents ont divorcé, ils ont arrêté de m’envoyer de l’argent : mon père a déménagé sur un autre continent, et ma mère s’est concentrée sur son nouveau mari et son fils. Ils n’avaient plus le temps de penser à moi. Maintenant, j’ai une vie totalement différente de celle d’avant : je voyage 2 fois par an, pas plus, et non pas 4 ou 5 fois, je me déplace non pas dans une limo avec un chauffeur privé, mais dans un simple taxi.

Je passe beaucoup plus de temps à faire le ménage et à cuisiner : je n’ai plus de femme de ménage et je dois apprendre via des tutoriels sur internet. C’est aussi grâce aux cours en ligne que je cuisine : c’est comestible, mais pas aussi bon que dans les restaurants. C’est pourquoi je rêve d’épouser un chef cuisinier, pour ne plus jamais avoir à cuisiner.

Je n’ai pas de revenus stables, mais j’ai toujours été intéressée par la mode et je joue donc de temps en temps les “personal shoppers” pour mes connaissances (l’élite de la ville) et leurs amis. Ce n’est pas vraiment le travail de mes rêves, mais cela me donne assez d’argent pour vivre. J’ai déjà 27 ans, et je ne sais toujours pas quoi faire de ma vie. Mes camarades de classe ont depuis longtemps une famille et un emploi qu’ils aiment.

Récemment, j’ai réalisé que ma vie ne me satisfait pas du tout. Je n’aurais jamais pu régler ce problème par moi-même, et je me suis donc tournée vers une amie qui a étudié la psychologie. Elle dit qu’à cause de l’attention excessive à laquelle j’ai dû faire face enfant, je grandis avec un grand retard et beaucoup plus de difficultés que mes amis. J’ai l’intention d’aller jusqu’au bout et de comprendre ce que je veux faire de ma vie. Pas ce que veut mon entourage, mais moi. Et, bien évidemment, je compte y parvenir.

À ton avis, à quel point le niveau financier d’une personne influence-t-il la formation de sa personnalité ? Nous adorerions lire tes commentaires ci-dessous.